Agression de Condé-sur-Sarthe: plusieurs prisons ont été bloquées en soutien aux surveillants blessés

Des actions de blocages ont eu lieu ce mercredi dans plus d'une quinzaine d'établissements pénitentiaires au lendemain de l'agression de deux surveillants par un détenu radicalisé.

Des surveillants ont bloqué mercedi 6 mars la prison de Grasse en soutien de deux collègues blessés par un détenu radicalisé.
Des surveillants ont bloqué mercedi 6 mars la prison de Grasse en soutien de deux collègues blessés par un détenu radicalisé. (VALERY HACHE / AFP)

Le personnel pénitentier se mobilise au lendemain de l'agression de deux surveillants par un détenu radicalisé à la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne. Plus aucune prison n'est bloquée, mercredi après-midi, selon les informations de franceinfo. Dans plusieurs prisons, les syndicats appellent à nouveau au blocage jeudi matin. C'est par exemple le cas à la prison de la Santé à Paris.

Dix-huit établissements ont été bloqués ce mercredi matin et 70 ont connu des retards à l'heure de la prise de service des surveillants. Ils étaient appelés à se mobiliser pour montrer leur soutien aux deux surveillants attaqués par un détenu à la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne mardi.

Mobilisation dans toute la France

Devant la prison où s'est déroulée l'attaque, une centaine de surveillants se sont rassemblées ce mercredi matin pour bloquer l'établissement pénitentiaire en soutien de leurs deux collègues grièvement blessés. En Ile-de-France, les prisons de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, et de Fresnes, dans le Val-de-Marne, ont également été bloquées par les surveillants.

Dans le sud de la France, une quarantaine de surveillants ont empêché les entrées et les sorties à la prison de Grasse, dans les Alpes-Maritimes, tandis que la maison d'arrêt de Nice a également été bloquée, rapporte France Bleu Azur. Au Pontet, dans le Vaucluse, une trentaine de surveillants pénitentiaires ont empêché la relève afin de signifier leur soutien à leurs deux collègues agressés, selon France Bleu Vaucluse.

Par ailleurs, des surveillants pénitentiaires sont également mobilisés en Charente et en Charente-Maritime, rapporte France Bleu La Rochelle. En Charente, ils ont occupé les entrées et sorties de la maison d'arrêt d'Angoulême, empêchant les visites et les transferts. En Charente-Maritime, le personnel a bloqué la prison de Rochefort et a organisé un rassemblement et un blocage devant celle de Saintes tandis que les surveillants distribuent des tracts aux automobilistes à l'entrée du pont de l'île de Ré.

Débrayage à Valence, grève "illimitée" à Seysses

Des surveillants se sont aussi mobilisés devant les prisons dans le Nord à Annoeulin et Douai, dans le Pas-de-Calais à Vendin-le-Vieil et Bapaume, et dans l'Aisne à Château-Thierry, selon France Bleu Nord. En Haute-Garonne, des surveillants de la prison de Seysses sont entrés dans une grève "illimitée" à l'appel de Force ouvrière (FO) qui prévoit un blocage jeudi, rapporte France Bleu Occitanie.

À Valence, dans la Drôme, les surveillants de la prison étaient également appelés à débrayer ce mercredi matin. Une soixantaine de membres du personnel devaient commencer leur service avec un quart d'heure de retard, rapporte France Bleu Drôme-Ardèche.

Parmi les autres actions symboliques recensés ce mercredi, France Bleu RCFM a signalé des débrayages dans les prisons de Borgo et de Casabianda en Haute-Corse et d'Ajaccio en Corse-du-Sud. En Bretagne, entre 20 et 30 personnes se sont rassemblées devant le centre pénitentiaire de Ploemeur, dans le Morbihan, rapporte France Bleu Breizh Izel.

Prise de service avec deux heures de retard

Des assemblées générales ont également été organisées à 6h45, à l'heure de la prise de service, aux centres pénitentiaires de Riom dans le Puy-de-Dôme et de Moulins-Yzeure dans l'Allier, où les surveillants sont allés travailler avec deux heures de retard, selon France Bleu Pays d'Auvergne. Ils se sont donnés rendez-vous jeudi pour une autre mobilisation. D'après Nicolas Machette, du syndicat Force ouvrière (FO) au centre pénitentiaire de Riom, contacté par France Bleu Pays d'Auvergne, 15 établissements sont touchés par le mouvement sur les 18 rattachés à la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon.

Autre initative, celle d'une cinquantaine de surveillants pénitentiaires qui se sont rassemblés vers 7h ce mercredi matin devant la maison d'arrêt de Nantes-Carquefou, en Loire-Atlantique, selon un représentant du syndicat FO Pénitentiaire contacté par France Bleu Loire-Océan. France Bleu Poitou indique qu'une vingtaine de surveillants se sont aussi mobilisés ce mercredi matin devant les grilles de la prison de Vivonne, dans la Vienne.

En Alsace, des blocages ont eu lieu à Strasbourg et Oermingen dans le Bas-Rhin ainsi qu'à Mulhouse et Ensisheim dans le Haut-Rhin, où une cinquantaine de surveillants se sont rassemblés avant la prise de service, selon Christophe Schmitt, délégué FO pénitentiaire, contacté par France Bleu Alsace. En Meurthe-et-Moselle, 45 surveillants pénitentiaires sont restés quelques temps dans la salle d'appel de la prison de Nancy ce mercredi matin, selon le syndicat FO, rapporte France Bleu Sud Lorraine.