La DCRI accusée d'avoir freiné l'enquête sur Mohamed Merah

Selon "Libération", la Direction centrale du renseignement intérieur aurait "ralenti les investigations" concernant le tueur de Toulouse et Montauban. 

Des policiers devant le domicile de Mohamed Merah, le 23 mars 2012, à Toulouse.
Des policiers devant le domicile de Mohamed Merah, le 23 mars 2012, à Toulouse. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)

AFFAIRE MERAH - Selon Libération, les policiers du Renseignement toulousain auraient alerté, sans succès, leurs collègues de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) afin de donner un tour judiciaire plus grave au dossier de Mohamed Merah. Et ce avant même qu'il commette les tueries de Toulouse et de Montauban. 

Selon les auditions du patron des renseignements régionaux Midi-Pyrénnées, ses services auraient signalé leurs inquiétudes à leurs supérieurs hiérarchiques à Paris dès le 15 juin 2011. Leurs doutes étaient alors déjà "suffisamment forts pour avoir envisagé de 'judiciariser la situation de Mohamed Merah'", explique le quotidien qui a eu accès aux PV d'audition. Ils demandent alors à la DCRI d'envisager la possibilité d'ouvrir une enquête et de signaler le jeune homme au parquet anti-terroriste. Son "voyage en Afghanistan et ses contacts avec le 'réseau' salafiste local" nourrissent les craintes, explique le quotidien.

Merah, potentiel indicateur ?

Selon Libération, la DCRI ne réagit que "cinq mois plus tard, le 14 novembre 2011", et demande l'organisation d'un "débriefing préventif". Il n'aura finalement lieu qu'un mois et demi plus tard et aboutira à cette conclusion des renseignements centraux : l'absence de lien entre Mohamed Merah et un éventuel réseau jihadiste. C'est parce qu'on ne le surveillait plus d'assez près, justifient en somme les policiers toulousains. 

De plus, la DCRI aurait envisagé de recruter Mohamed Merah parmi ses indicateurs. Selon le quotidien, "Toulouse décide de ne pas répondre à cette suggestion - 'vu la dimension à nos yeux encore trouble de Mohamed Merah'", explique Christian Ballé-Andui, le patron des policiers du renseignement régional. 

Enfin, ce dernier dit avoir proposé spontanément son aide après la première fusillade dans laquelle deux parachutistes sont morts le 15 mars 2012 et avoir été écarté par les enquêteurs. Il estime aujourd'hui qu'un de ses hommes auraient pu reconnaître le tueur sur les images de vidéosurveillance.