Le PDG d'EDF Henri Proglio visé par une enquête pour "trafic d'influence", selon "Le Point"

Selon "Le Point", la justice s'intéresse aux rentrées d'argent sur les comptes de la comédienne Rachida Khalil, épouse du patron d'EDF.

Le PDG d\'EDF Henri Proglio présente les résultats de son groupe lors d\'une conférence de presse à Paris, le 13 février 2014.
Le PDG d'EDF Henri Proglio présente les résultats de son groupe lors d'une conférence de presse à Paris, le 13 février 2014. (PATRICK KOVARIK / AFP)

A quelques mois du renouvellement de son mandat à la tête d'EDF, l'affaire tombe mal pour Henri Proglio. Selon un article du Point publié dimanche 8 juin, le patron d'EDF est visé depuis quelques semaines par une enquête du parquet de Paris pour "trafic d'influence". Henri Proglio "est soupçonné d'avoir 'sponsorisé' son épouse, l'humoriste Rachida Khalil, avec l'argent de son groupe", écrit le site de l'hebdomadaire. C'est Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy, qui a saisi la justice.

Les enquêteurs auraient découvert d'importants mouvements financiers sur trois des comptes en banque de Rachida Khalil, où auraient transité près de 1,8 million d'euros en un an. Mais officiellement, la comédienne ne perçoit qu'un salaire de 1 800 euros, versés par une de ses sociétés de spectacle, explique Le Point. "L'Office central de lutte contre la corruption (créé après l'affaire Cahuzac, NDLR) cherche désormais à éclaircir des flux financiers qui mènent jusqu'au Liban, avec des détours par le Luxembourg et la Suisse", détaille le site de l'hebdomadaire.

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Un "contrat de sponsoring" avec un prestataire d'EDF

Le nom d'EDF apparaît dans l'affaire car selon le magazine, l'électricien aurait versé 131 000 euros à un prestataire, Atlantis consulting, entreprise du secteur du gaz et du pétrole, gérée par une proche de Rachida Khalil. La même société d'intelligence économique aurait rémunéré l'épouse d'Henri Proglio, à hauteur de 25 000 euros. "Il s'agit d'un contrat de sponsoring de la part d'une amie que je connais depuis vingt ans", justifiait en juillet 2013 la comédienne auprès du Point.

Par ailleurs, selon le magazine, la société de production de Rachida Khalil, Sweet Dreams Prod aurait été financée par la fondation EDF mais aussi par AH! Production, une société d'audiovisuel elle aussi abondée par l'électricien. La comédienne aurait ensuite perçu 150 000 euros de Sweet Dreams Prod sur son compte personnel : l'opération pourrait relever de l'abus de bien social selon les enquêteurs, affirme Le Point.