VIDEO. "Il y a évidemment eu une erreur d'appréciation" : quand l'antiterrorisme regrette d'être passé à côté de l'affaire Merah

Dans un documentaire diffusé mardi soir sur France 2, les principaux chefs du renseignement français témoignent.

"On est passé à côté." Le constat de François Molins est sans appel. L'ancien procureur de la République de Paris revient sur la série d'attentats attribués à Mohamed Merah, qui a causé la mort de sept personnes en 2012. Dans le documentaire Histoire secrète de l'antiterrorisme, diffusé sur France 2 mardi 13 novembre, il reconnaît les erreurs des services de renseignement. 

"Ça vous marque à vie"

Pour leur enquête, les réalisateurs Patrick Rotman et Vincent Nouzille ont interrogé de nombreuses "sentinelles de l'antiterrorisme". Parmi elles encore : Amaury de Hauteclocque, ancien chef du Raid. Mohamed Merah "avait été considéré comme non-agressif ou, en tout cas, pas comme étant en capacité de passer en phase d'action. C'est sûrement une erreur d'appréciation, on le sait maintenant. Il y a évidemment eu une erreur d'appréciation. Après coup, c'est tellement facile de juger", regrette-t-il. 

Et Bernard Squarcini, ancien directeur central du renseignement intérieur, d'ajouter : "Ça vous marque à vie. C'est malheureux, mais quand vous voyez la vidéo de la tuerie de l'école juive, vous ne pouvez plus vivre comme avant. Et là vous vous dites : 'Qu'est-ce qu'on aurait dû faire pour éviter tout ça ?'"

François Molins donne une conférence de presse à Paris, le 3 octobre 2018.
François Molins donne une conférence de presse à Paris, le 3 octobre 2018. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)