Procès Merah : "Quand il a levé l’arme contre moi, j’ai senti la haine, l’envie de tuer"

Yacov a raconté, mardi 10 octobre, devant la cour au procès des complicités des tueries de Toulouse et Montauban, les 36 secondes qui ont suffi à Mohamed Merah pour abattre trois enfants et un professeur.

franceinfo

Au procès des complicités des tueries de Toulouse et Montauban, Yacov, 33 ans au moment des faits, a raconté mardi 10 octobre devant la cour d'assises spéciale comment il aurait pu être l'une des victimes de Mohamed Merah.

À moins de deux mètres du tueur

Ce 19 mars 2012 là, Yacov est bénévole à l’école juive d’Ozar Hatorah, à Toulouse. Il arrive à 7h55 dans une camionnette empruntée la veille pour déménager. En même temps que Mohamed Merah. Le jeune homme raconte ces 36 secondes qui ont suffi au tueur pour abattre trois enfants et un professeur. À quelques mètres de Mohamed Merah et de son arme, le tireur le met en joue, sans toutefois l'atteindre.

"J’ai senti la haine, l’envie de tuer"

"Il avait son casque, mais on sentait une détermination dans ses tirs, dans ses actes, témoigne Yacov. Tout était calculé. C’était vraiment précis. Quand il a levé l’arme contre moi, j’ai senti la haine, l’envie de tuer, d’abattre le plus de personnes possibles." Il voit ensuite les enfants paniquer, courir. Puis, de sang-froid, Mohamed Merah tirer. "Sans aucune hésitation." "Non pas à bout portant, précise-t-il, mais à bout touchant. Pour moi, c’est une exécution : il est revenu sur ses pas et a retiré sur les corps au sol."

La police sécurise les abords du collège-lycée Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012.
La police sécurise les abords du collège-lycée Ozar Hatorah, à Toulouse, le 19 mars 2012. (MAXPPP)