"Il n'est pas question de rater une journée" : les familles des victimes de Mohamed Merah seront présentes au procès en appel de son frère Abdelkader

Le frère du tueur au scooter est rejugé pour "complicité d'assassinat" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle" pendant cinq semaines. 

Dessin d\'Abdelkader Merah lors de son premier procès en octobre 2017. 
Dessin d'Abdelkader Merah lors de son premier procès en octobre 2017.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Presque sept ans jour pour jour après les attentats de Toulouse et Montauban, le procès en appel d'Abdelkader Merah s'ouvre lundi 25 mars devant la cour d'assises spéciale de Paris. Le frère aîné de Mohamed Merah est rejugé pour "complicité d'assassinat" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle". En première instance, il avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle en novembre 2017, acquitté des faits de complicité. À ses côtés, un ami d'enfance du tueur au scooter, Fetah Malki, jugé pour avoir fourni une arme à Mohamed Merah.

Ce deuxième procès va durer cinq semaines. Les familles des sept victimes le vivent comme une nouvelle épreuve, même si aucune d'entre elles n'imaginent ne pas assister à l'audience. Toutes redoutent de revivre certaines dépositions, celle de la mère de la fratrie Merah notamment. Naoufal, l'un des frères de la première victime de Mohamed Merah, Imad Ben Ziaten, sera là tous les jours. "Il n'est pas question de rater une journée, assure-t-il. Mon frère est mort debout, comme un soldat, je ne peux pas mettre un pied au sol, ce serait ne pas lui rendre hommage."

Abdelkhader Merah est "la tête pensante"

Naoufal Ibn Ziaten sera là pour son frère, mais aussi pour défendre l'idée qu'Abdelkader Merah doit être reconnu coupable de complicité d'assassinat à caractère terroriste : "Pour moi, il est le tueur, parce que c'est le cerveau, la tête pensante. Ce n'est pas lui qui a tiré sur la gâchette, mais s'il n'était pas là, il n'y aurait pas eu ces sept victimes."

En 2017, la cour d'assises n'avait pas suivi cette lecture du dossier, portée aussi par l'accusation. Les magistrats avaient estimé que les preuves de la complicité étaient insuffisantes. Dans leurs motivations, ils avaient souligné qu'aucun élément de la procédure ne montrait qu'Abdelkader Merah connaissait les objectifs visés et les crimes commis par son frère.