Abdelkader Merah clame de nouveau son innocence avant que la cour se retire pour délibérer

Mentor religieux dissimulateur ayant téléguidé sept assassinats ou bouc-émissaire expiatoire des crimes de son frère? La cour d'assises de Paris dira jeudi si Abdelkader Merah est complice ou non des attentats perpétrés en mars 2012 à Toulouse et Montauban, après cinq semaines d'audiences sous haute tension.

Abdelkader Merah lors de son procès devant la cour d\'assises spéciale de Paris, le 13 octobre 2017.
Abdelkader Merah lors de son procès devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 13 octobre 2017. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Abdelkader Merah a de nouveau clamé son innocence, jeudi 2 novembre, devant la cour d'assises de Paris où il est jugé pour complicité dans les attentats de Mohamed Merah, avant que les magistrats se retirent pour délibérer. "Je dis et je redis que je n'ai rien à voir avec les assassinats commis par mon frère", a lancé depuis le box l'accusé qui s'exprimait pour la dernière fois avant de connaître son jugement, attendu dans la journée.  

"Ce n'est pas vrai !", a alors lancé une voix de femme dans la salle, s'attirant les remontrances du président France Zientara. "Et, c'est tout ce que vous avez à dire ?", a demandé le magistrat à Merah. "C'est tout ce que j'ai à dire monsieur le président", a-t-il sobrement confirmé avant de se rasseoir.

L'autre accusé du procès, Fettah Malki, avait auparavant été plus disert dans ses derniers mots à la cour, après cinq semaines d'audiences sous haute tension. "Je voulais dire aux familles que j'ai entendu leur désolation. Je leur dis que je communie et compatis avec leur douleur", a expliqué d'une voix nouée par l'émotion cet homme, 35 ans depuis mardi.

 "J'ai été traité comme un terroriste, un tueur d'enfants"

"Pendant les cinq semaines du procès, leurs témoignages m'ont ému, touché au plus profond de mon être. Je suis désolé de ce que j'ai pu faire. A aucun moment je n'ai pensé, imaginé que Mohamed allait commettre de telles atrocités. Je m'en voudrai tout le temps, jusqu'à la fin de mes jours de ce que j'ai pu commettre", a-t-il ajouté. "A aucun moment je n'ai voulu participer à un tel acte. Ce qui s'est passé m'a horrifié. Il y a eu des morts, des enfants qui ont perdu la vie. Quand j'y repense, au fond de moi, mon coeur pleure ces victimes et leur famille", a-t-il insisté.

 "J'ai été traité comme un terroriste, un tueur d'enfants. Ca, je ne peux l'accepter", a poursuivi l'accusé avant de s'adresser une nouvelle fois aux familles de victimes : "Je leur demande pardon et ce pardon est sincère. J'espère qu'on me pardonnera."

Abdelkader Merah, 35 ans, est accusé d'avoir "sciemment" facilité "la préparation" des crimes de son frère en l'aidant à dérober un scooter et à acheter un blouson utilisés lors des tueries. Il est également accusé d'avoir participé "à un groupement criminel affilié à Al-Qaïda." La justice reproche à Fettah Malki d'avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles et un pistolet-mitrailleur.