RMC mise en demeure pour "propos misogynes et racistes" contre Nafissatou Diallo

Le CSA met en garde la radio contre des propos tenus le 21 janvier dans l'émission "Les grandes gueules".

Le logo du Conseil supérieur de l\'audiovisuel (CSA).
Le logo du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). (PATRICK KOVARIK / AFP)

L'émission a fait polémique, elle est désormais condamnée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Le CSA a mis en demeure, mardi 29 janvier, la radio RMC pour les "propos injurieux, misogynes, attentatoires à la dignité de la personne et à connotation raciste" tenus à l'antenne à l'encontre de Nafissatou Diallo, le 21 janvier lors de l'émission "Les grandes gueules".

"Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte ? (...) Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux", avait notamment déclaré Sophie de Menthon, une des chroniqueuse de l'émission présentée par Alain Marschall et Olivier Truchot. Elle faisait référence aux événements qui se sont déroulés dans la chambre 2806 du Sofitel de New York, le 14 mai 2011, et à l'accord financier trouvé entre Dominique Strauss-Kahn et Nafissatou Diallo. La femme de chambre, qui accusait l'ex-patron du FMI d'agression sexuelle, a en effet touché 1,5 million de dollars en guise de dédommagements, après plusieurs mois de procédures.

Durant l'émission "Les grandes gueules", d'autres propos incriminés avaient été prononcés par le chroniqueur Franck Tanguy, qui avait affirmé que la femme de ménage n'avait "rien pour elle".

"Ni raciste ni insultante", persiste la chroniqueuse

"Je regrette cette phrase, mais en aucun cas cette phrase n'est misogyne, ni raciste, ni insultante, persiste Sophie de Menthon. La condamnation [du CSA] ne s'exerce pas à mes dépens. Elle est bien celle de l'émission et de l'animateur", fait-elle valoir.

La mise en demeure est le deuxième niveau d'avertissement du CSA. En cas de récidive, le gendarme audiovisuel peut décider, dans de très rares cas, de prendre des sanctions : la suppression d'une tranche de publicité, la lecture d'un communiqué d'excuses lors d'un journal télévisé, ou une amende, qui peut aller jusqu'à 3% du chiffre d'affaires.