Dix ans après l'affaire DSK, Anne Sinclair évoque pour la première fois "le séisme qui a dévasté" sa vie, dans le magazine "Elle"

A l'occasion de la publication de ses mémoires, la journaliste se confie à "Elle" dans un entretien publié lundi. Elle revient notamment sur l'affaire DSK, lors de laquelle son ex-mari avait été accusé de viol.

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France Télévisions
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Anne Sinclair, à la projection du film "J'accuse" de Roman Polanski, le 12 novembre 2019, à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Elle parle. Dix après les faits, Anne Sinclair a décidé de livrer son "ressenti" sur "l'affaire DSK", qui a entraîné la chute de celui qui était alors son époux, Dominique Strauss-Kahn, dans un entretien à l'hebdomadaire Elle (article payant) mis en ligne mardi 25 mai, à l'occasion de la parution de ses mémoires, Passé composé, chez Grasset. C'est la première fois qu'elle parle publiquement du "séisme" de mai 2011, quand son mari, accusé d'avoir violé Nafissatou Diallo, femme de chambre dans un grand hôtel de New York, a été arrêté.

"Au fond, je suis connue pour deux raisons, résume l'ancienne journaliste, une émission qui reste encore dans les mémoires – tous les chauffeurs de taxi s'en souviennent ! – et 150 000 unes de journaux dont j'ai fait l'objet à mon corps défendant…" C'est pour raconter "avec pudeur et réserve" qu'elle n'est "pas complètement l'une ni tout à fait l'autre", qu'elle a choisi de se livrer à l'exercice des mémoires. Sur l'affaire DSK, elle justifie : "Le séisme qui a dévasté ma vie, je ne voulais d'abord pas en parler. Puis j'ai pensé qu'on allait me le reprocher."

"Cela tient peut-être à lui, mais peut-être aussi à moi, j'ai reproduit le schéma de dépendance qui me liait à ma mère. (...) J'étais avec lui dans la hantise du désaccord et la crainte de lui déplaire. Alors, était-ce de l'emprise, je ne sais pas, mais en tous les cas, de la soumission et de l'acceptation", raconte-t-elle, quelques jours avant la sortie de ses mémoires, Passé composé (Grasset). Dans ce livre, l'ancienne journaliste star de TF1 a choisi de raconter "uniquement (son) ressenti". "Je ne me sens pas autorisée à parler d'actes qui ne sont pas de mon fait", déclare-t-elle.

"Je ne savais rien"

Anne Sinclair insiste sur "deux choses qui (lui) importent". "Contrairement à tout ce qu'on a dit, je n'avais pas envie d'aller à l'Elysée, lui non plus n'avait pas très envie d'ailleurs, c'était un enchaînement de circonstances..." assure-t-elle. Surtout, "je veux que l'on comprenne que je ne savais rien des comportements de mon mari".

"Je sais que c'est très difficile à admettre, j'avoue que moi-même, si on me racontait cela, je ne le croirais pas, mais pourtant, c'est vrai."

Anne Sinclair

au magazine "Elle"

A l'époque Dominique Strauss-Kahn exerçait "un pouvoir de persuasion très fort", jusqu'à ce que l'affaire du Carlton de Lille lui ouvre les yeux, explique-t-elle à Elle. Le couple s'est séparé en 2012. "On ne laisse pas tomber un homme qui est à terre (sic), dit-elle. Je pense que j'ai compté pour lui, mais j'étais au bout. Nous n'avons jamais eu d'explication de fond".

Dans cet entretien, Anne Sinclair révèle également que François Hollande, en fin de quinquennat, lui avait proposé "de devenir son ministre de la Culture". "C'était un grand honneur que j'ai évidemment décliné", déclare la journaliste.

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