L'ex-société financière de DSK en cessation de paiements

Les déboires de la société LSK ont éclaté au grand jour fin octobre après le suicide de son fondateur Thierry Leyne et la démission de Dominique Strauss-Kahn.

L\'ancien chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn, lors d\'une conférence à Belgrade, le 17 septembre 2013.
L'ancien chef du FMI, Dominique Strauss-Kahn, lors d'une conférence à Belgrade, le 17 septembre 2013. (ALEXA STANKOVIC / AFP)

En banqueroute. La société d'investissement LSK (pour Leyne, Strauss-Kahn & Partners), présidée jusqu'à peu par Dominique Strauss-Kahn, s'est déclarée en cessation de paiements, mercredi 5 novembre. Le groupe évoque une aggravation de sa situation financière. Les déboires de cette société basée au Luxembourg ont éclaté au grand jour fin octobre après le suicide de son fondateur Thierry Leyne, intervenu quelques jours après le départ de DSK.

L'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI), qui s'est expliqué sur sa démission, n'occupe désormais plus aucune fonction au sein du groupe. Il avait pris la tête du conseil d'administration de ce groupe, en septembre 2013, après avoir rencontré l'homme d'affaires Thierry Leyne. Il devait notamment y développer une activité de banque d'affaires.

Pourquoi la société est en cessation de paiements ?

Thierry Leyne aurait caché certaines données à son conseil d'administration. "Après la disparition tragique de Thierry Leyne, président en exercice, les membres du conseil d'administration de la société LSK ont découvert des engagements supplémentaires au sein du groupe dont ils n'avaient pas connaissance et qui aggravent sa situation financière délicate", explique la société dans un bref communiqué.

Les cachotteries du fondateur de LSK seraient de nature à compromettre la viabilité de la société. "Le conseil d'administration a constaté que ces nouvelles informations remettaient en cause la continuation de la société LSK, dont le crédit est irrémédiablement compromis. Par voie de conséquence, il a décidé de procéder à la déclaration de cessation des paiements de la société", conclut le communiqué.

Dans une interview au Parisien, Dominique Strauss-Kahn indiquait notamment que Thierry Leyne avait contracté "une série d'emprunts excessifs" et soulignait avoir "probablement perdu" son investissement dans la société, dont il était actionnaire à hauteur de 15%. Les difficultés de LSK s'étaient cristallisées autour d'une de ses filiales, la société de gestion d'actifs Assya Asset Management, qui est dans le viseur des autorités luxembourgeoises et qui a demandé à être placée en procédure de "sursis de paiement".

Que sait-on du suicide de Thierry Leyne ?

Thierry Leyne était un homme d'affaires franco-israélien. Il s'est suicidé jeudi 23 octobre à Tel-Aviv, à l'âge de 49 ans. Cet ingénieur diplômé du Technion de Haïfa (Israël) a effectué toute sa carrière dans les milieux financiers, notamment en France, en Israël et au Luxembourg. Selon ses proches, il se serait défenestré en se jetant d'une des tours les plus hautes de Tel-Aviv.

Il aurait laissé trois lettres où il évoquait des problèmes de santé et un état dépressif. En décembre 2011, sa femme s'était déjà suicidée en se jetant du haut d'un parking à Genève (Suisse). Le banquier d'affaires a pu également être affecté par les problèmes traversés par sa société LSK.

Quel était le rôle de DSK dans LSK ?

En septembre 2013, le groupe Anatevka devient LSK lorsque Dominique Strauss-Kahn est propulsé à la tête de son conseil d'administration. DSK et Thierry Leyne avaient alors pour projet de lancer un fonds spéculatif de deux milliards de dollars, récoltés en priorité auprès d'investisseurs de pays émergents. Trois jours avant le suicide de son associé, l'ancien ministre de l'Economie a quitté la présidence de LSK. 

Dans son interview au Parisien, DSK a cherché à s'éloigner le plus possible de son ex-associé Thierry Leyne et de sa "réputation contrastée" : "Je le connaissais depuis peu de temps, il m'a été présenté par une amie de très longue date qui était devenue sa compagne."

Il a ainsi expliqué sa démission par deux raisons. L'ancien patron du FMI évoque d'abord un projet qui "n'était pas conforme à ce que nous avions envisagé ensemble et ne correspondait pas à ce que je cherchais", en expliquant être le seul à apporter des affaires au sein de la société. Il fustige ensuite une stratégie "d'emprunts excessifs" de son ancien associé qu'il ne pouvait pas accepter.