L'avocat de Nafissatou Diallo qui accuse DSK réaffirme qu'en cas de non-lieu, il aura des poursuites au civil

"Elle veut la justice et si les procureurs ne portent pas cette affaire devant un tribunal, il faudra que nous obtenions justice et je m'empresserai de porter cette affaire devant un jury", a dit Kenneth Thompson lors d'une conférence de presse à New York.L'accusatrice de DSK a été entendue mercredi durant huit heures par le procureur Cyrus Vance.

Nafissatou Diallo a été de nouveau auditionnée mercredi par le procureur de New York.
Nafissatou Diallo a été de nouveau auditionnée mercredi par le procureur de New York. (AFP - Timothy A. Clary)

"Elle veut la justice et si les procureurs ne portent pas cette affaire devant un tribunal, il faudra que nous obtenions justice et je m'empresserai de porter cette affaire devant un jury", a dit Kenneth Thompson lors d'une conférence de presse à New York.

L'accusatrice de DSK a été entendue mercredi durant huit heures par le procureur Cyrus Vance.

A l'issue de cette réunion, Kenneth Thompson avait déclaré à la presse que sa cliente n'avait jamais dit à propos de DSK : "Il a beaucoup d'argent, je sais ce que je fais", dans une discussion en foulani, un dialecte peul, avec un ami emprisonné en Arizona, le 14 mai.

Elle a "le droit d'engager sa propre action en justice'' au civil, a-t-il dit. Début juillet, le New York Times avait révélé que Nafissatou Diallo avait téléphoné, le 15 mai, à un ami emprisonné en Arizona pour une affaire de drogue. Elle aurait affirmé en parlant de DSK: "Ce type a beaucoup d'argent, je sais ce que je fais", selon le quotidien new-yorkais.

Cette conversation est l'un des éléments clés qui ont fait vaciller l'accusation, entraîné la libération sur parole de DSK, et jeté le doute sur les motivations réelles de la femme de chambre guinéenne qui affirme avoir été victime d'une agression sexuelle.

D'après le journal, les enquêteurs ont mis plusieurs semaines avant de réussir à traduire cette échange téléphonique en peule, l'ethnie d'origine de Mme Diallo. D'autres médias avaient d'ailleurs indiqué que la traduction de ces propos, difficile, n'était pas limpide et soulevait des questions.

A la sortie mercredi du tribunal de Manhattan, l'avocat Me Kenneth Thompson a établi sa version des faits. "Certaines choses ont été mélangées dans cette citation qui a été donnée au New York Times", a-t-il déclaré. "Nous avons écouté cet enregistrement et il montre que la victime n'a jamais prononcé ces mots (...) Elle a dit à cette personne que 'quelqu'un a essayé de me violer et c'est quelqu'un qui a du pouvoir, un homme important'", a assuré l'avocat de Nafissatou Diallo.

Dans une interview donnée à la télévision américaine ABC et diffusée lundi et mardi, l'accusatrice de DSK a affirmé n'avoir jamais prononcé les mots qui lui sont prêtés par le quotidien. La femme de chambre dit qu'elle a déclaré "je sais ce que je fais" au moment où elle évoquait, au téléphone, le fait de recourir à un avocat.

Nafissatou Diallo fera une déclaration publique jeudi à New York, à 12h00 locales (16h00 GMT) pour remercier ceux qui la soutiennent depuis le début de l'affaire, a annoncé une organisation communautaire africaine de New York.

Vers une seconde plainte au civil ?
Par ailleurs, Me Thompson a par ailleurs indiqué mercredi que sa cliente avait "le droit d'engager sa propre action en justice' au civil pour demander à l'ancien chef du FMI des dommages et intérêts. "Mlle Diallo a le droit d'engager sa propre action en justice" au civil, en plus de l'action en justice au pénal lancée par le ministère public, a déclaré Me Kenneth Thompson, à la sortie d'une rencontre de huit heures entre sa cliente et le procureur de Manhattan.

Si Dominique Strauss-Kahn a été libéré sur parole le 1er juillet, il est toujours sous le coup de sept chefs d'accusation aux Etats-Unis, notamment tentative de viol, agression sexuelle et séquestration, qui peuvent lui valoir de nombreuses années de prison. Il est toujours privé de son passeport et ne peut quitter le territoire américain.

Restée dans l'anonymat durant plus de deux mois, Nafissatou Diallo, 32 ans, s'est lancée dans une offensive médiatique pour empêcher que l'affaire ne se finisse par un non-lieu.

Massés depuis 16h (heure de Paris) devant l'entrée principale du bâtiment du tribunal de Manhattan, les journalistes ont attendu jusqu'en fin de soirée la sortie de la femme de la chambre de l'hôtel Sofitel. C'est l'un de ses avocats, Maître Kenneth Thompson, qui vers 23h45 s'est avancé vers la presse pour faire une déclaration. Il a rappelé que sa cliente avait bien été victime d'une agression sexuelle "par l'un des hommes les plus puissants du monde", avant, donc, de démentir les révélations du New York Times.

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