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Dominique Strauss-Kahn porte plainte pour diffamation contre le film d'Abel Ferrara

Le film d'Abel Ferrara, sorti samedi sur internet, est "une crotte de chien", estime son avocat. Selon lui, l'ex-directeur du FMI est "effrayé et écœuré". 

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France Télévisions
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Une scène de "Welcome To New York", le film d'Abel Ferrara inspiré de l'affaire Dominique Strauss-Kahn, sorti le 17 mai 2014. (JUNE PROJECT / LLC)

Dominique Strauss-Kahn va porter plainte pour diffamation "d'ici quelques jours" à l'encontre du film d'Abel Ferrara, Welcome To New York, a annoncé son avocat, Jean Veil, lundi 19 mai sur Europe 1

Présenté à Cannes en marge du festival, samedi, Welcome To New York s'inspire largement de l'affaire DSK au Sofitel. Gérard Depardieu y incarne un certain Georges Devereaux, qui a tout de l'ex-directeur du Fonds monétaire international (FMI), tandis que Jacqueline Bisset, sa femme, ressemble beaucoup à Anne Sinclair, ex-épouse de DSK.

Francetv info revient sur la polémique qui entoure ce film en trois actes.

Acte 1 : "Welcome to New York" est présenté à Cannes

Pas de montée des marches pour l'équipe du film : Welcome To New York n'a pas été présenté en compétition officielle, mais a été diffusé en marge du festival, dans un cinéma cannois. C'est la seule fois où il sera projeté dans une salle obscure, car ses producteurs français Vincent Maraval et Brahim Chioua ont fait le choix de le proposer uniquement en VOD sur internet, moyennant 7 euros.

Certaines critiques sont séduites par le film et le qualifient notamment de "brillant". Mais pour d'autres, le film verse à plusieurs reprises dans l'antisémitisme. Pour Le Figaro et Le Monde, le film est émaillé de clichés antijuifs, notamment lorsque Georges Devereaux renvoie son épouse "à sa fortune, et aux raisons de sa fortune". Encore présent à Cannes dimanche, Abel Ferrara a tenu à balayer ces critiques.

Acte 2 : Anne Sinclair exprime son "dégoût"

L'ancienne épouse de DSK décide de réagir dans un billet mis en ligne dimanche à la mi-journée sur le Huffington Post, site d'information dont elle est directrice éditoriale. En une anaphore, Anne Sinclair fait part de son "dégoût" devant le film. Elle aussi le juge antisémite. "Les auteurs et producteurs du film projettent leurs fantasmes sur l'argent et les juifs. (...) Les allusions à ma famille pendant la guerre sont proprement dégradantes et diffamatoires. Elles disent le contraire de ce qui fut", indique-t-elle.

Toutefois, Anne Sinclair annonce qu'elle ne portera pas plainte, ni contre le cinéaste, ni contre le producteur du film. "Ils l'ont dit, ils n'attendent que cela. Je n'attaque pas la saleté, je la vomis", leur lance la journaliste, dans sa charge.

Acte 3 : L'avocat de DSK annonce qu'il va porter plainte

Ce n'est pas le cas de l'ancien directeur du FMI, qui va attaquer le film en justice. Le fondement de la plainte "sera la diffamation et elle reprendra l’ensemble des extraits sur le viol et la manière dont Dominique Strauss-Kahn est traité", a expliqué son avocat, lundi matin. Jean Veil a assuré que ce film est "une merde, une crotte de chien" et qu'il comporte "une part d'antisémitisme". DSK est "effrayé et écœuré", "du fait des accusations de viol, des insinuations qui sont tout au long du film". "Ses proches et ses avocats lui ont recommandé de ne pas voir ce film abominable", a-t-il ajouté.

 

Toutefois, Dominique Strauss-Kahn ne réclamera pas l'interdiction du film, selon son avocat. "Les procédures sont longues, il est probable que les juridictions françaises [renâclent à les lancer], et ensuite, il faut bien rappeler que Dominique Strauss-Kahn n'est pas un censeur", a expliqué Jean Veil.

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