La justice suédoise rejette la demande d'arrestation de Julian Assange dans une affaire de viol

Cette décision, susceptible d'appel, est une déception pour l'accusation, qui espérait émettre un mandat d'arrêt européen afin de transférer l'Australien en Suède.

Julian Assange, le 1er mai 2019, pris en photo dans le véhicule le transportant au tribunal, à Londres (Royaume-Uni).
Julian Assange, le 1er mai 2019, pris en photo dans le véhicule le transportant au tribunal, à Londres (Royaume-Uni). (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Un répit pour Julian Assange. Un tribunal suédois a débouté, lundi 3 juin, le parquet qui demandait l'arrestation du fondateur de WikiLeaks, tout en jugeant recevables les éléments à charge pesant contre lui. L'Australien est poursuivi dans une affaire de viol commis en Suède en 2010, et détenu à Londres.

La décision du tribunal d'Uppsala, susceptible d'appel, est un revers pour l'accusation, qui espérait émettre un mandat d'arrêt européen en vue du transfèrement en Suède de l'Australien avant la prescription des faits en août 2020. Une plaignante accuse Julian Assange de l'avoir violée sans préservatif pendant qu'elle dormait, alors qu'elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises. De son côté, l'informaticien a toujours nié les faits de viol, et soutient que la jeune femme était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif.

"Un ordre d'arrestation serait disproportionné"

Le tribunal juge fondés "les soupçons visant Julian Assange et reconnaît le risque qu'il tente de se soustraire à la justice" mais, dès lors qu'il est incarcéré en Grande-Bretagne, "des procédures d'investigation peuvent être menées sous le régime de la décision d'enquête européenne", un mécanisme de coopération entre Etats membres de l'Union européenne dans les enquêtes pénales. "Dans ces circonstances, un ordre d'arrestation et de détention serait disproportionné", ajoutent les magistrats.

Julian Assange, arrêté le 11 avril à Londres après avoir passé sept ans à l'ambassade d'Equateur, y a été condamné à 50 semaines de prison pour violation des termes de sa liberté conditionnelle. La délivrance d'un mandat d'arrêt à son encontre ouvrirait la voie à une demande d'extradition en Suède.