Le parquet suédois abandonne les poursuites pour viol contre Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks

L'Australien de 48 ans est incarcéré dans une prison londonienne depuis le mois d'avril. Il reste poursuivi aux Etats-Unis pour publications de documents classifiés.

Une photo de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, issue d\'une vidéo, le 9 juin 2019 à Londres.
Une photo de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, issue d'une vidéo, le 9 juin 2019 à Londres. (RUPTLY / AFP)

Le parquet suédois a annoncé, mardi 19 novembre, qu'il abandonnait les poursuites pour viol contre Julian Assangele fondateur de WikiLeaks, pour un viol présumé commis en Suède. "J'ai convoqué cette conférence de presse pour annoncer ma décision de classer sans suite l'enquête" visant l'Australien, a annoncé la procureure en chef adjointe, Eva-Marie Persson. "Tous les actes d'enquête ont été épuisés (...) sans apporter les preuves requises pour une condamnation", a-t-elle ajouté.

Agée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, en août 2010, la plaignante suédoise accuse l'Australien d'avoir engagé un rapport sexuel pendant qu'elle dormait et sans préservatif, alors qu'elle lui avait refusé tout rapport non protégé à plusieurs reprises. Julian Assange, qu'elle avait rencontré à Stockholm lors d'une conférence de WikiLeaks, a toujours nié les faits de viol. Il soutient qu'elle était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif. Les faits seront prescrits le 17 août 2020.

Sept témoins entendus pendant l'été

La procureure en chef adjointe avait annoncé à la mi-mai la réouverture de l'enquête pour viol contre Julian Assange, après son interpellation par la police britannique à l'ambassade d'Equateur à Londres le 11 avril. Et en septembre, elle avait fait savoir que sept témoins avaient été auditionnés au cours de l'été.

La réouverture de l'enquête suédoise avait relancé un feuilleton judiciaire qui dure depuis près d'une décennie, pendant laquelle le fondateur de WikiLeaks et ses soutiens n'auront eu de cesse de dénoncer une manœuvre destinée à le faire extrader vers les Etats-Unis, qui l'accusent d'espionnage. C'est officiellement pour éviter cette extradition que l'Australien s'était réfugié en 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres. En son absence, et faute de pouvoir faire avancer l'enquête, la justice suédoise avait abandonné les poursuites en mai 2017.

Le fondateur de WikiLeaks encourt une peine allant jusqu'à 175 ans d'emprisonnement aux Etats-Unis, qui lui reprochent d'avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250 000 câbles diplomatiques et d'environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan. Lors d'une audience devant la justice le 21 octobre à Londres, Julian Assange est apparu confus et bredouillant. L'audience sur la demande d'extradition doit se tenir en février.