Affaire du Carlton : pour le parquet, DSK n'est "pas un proxénète"

Le parquet de Lille (Nord) a requis mardi un non-lieu en faveur de Dominique Strauss-Kahn. "Le Figaro" révèle le contenu du réquisitoire.

L\'ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 3 juin 2013 à Paris.
L'ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 3 juin 2013 à Paris. (JOEL SAGET / AFP)

DSK était le "principal bénéficiaire" des soirées avec des prostituées, mais "cela n'en fait pas pour autant un proxénète". C'est ce qu'affirme le parquet de Lille (Nord) dans son réquisitoire, cité samedi 15 juin par Le Figaro. Le non-lieu en faveur de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire de proxénétisme dite du Carlton a été requis mardi. La défense de l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) a toujours affirmé qu'il ignorait que les femmes participant à ces soirées étaient des prostituées, au contraire de ce qu'affirmaient certaines d'entre elles.

Dans le réquisitoire cité par Le Figaro, le parquet ne tranche pas. Toutefois, il estime que "faire la différence entre une libertine et une prostituée" n'est guère évident "quand la finalité des ces échanges [est] non de satisfaire une relation intellectuelle mais une relation sexuelle". Le parquet de Lille s'autorise même une remarque : "Quel que soit le jugement que l'on peut porter [le comportement sexuel de DSK] ne relève pas du droit mais de la morale".

Les trois juges d'instruction, à qui revient la décision finale, vont maintenant communiquer le réquisitoire définitif aux parties. Celles-ci disposent d'un délai d'un mois pour faire des observations et demander des actes supplémentaires, par exemple des confrontations. Les juges rendront ensuite une ordonnance stipulant leur décision, au plus tôt le 11 juillet. Les parties auront alors un délai de dix jours pour faire appel de cette ordonnance.