Affaire des frais de taxi : la démission de la présidente de l'INA en trois actes

Agnès Saal, accusée d'avoir dépensé près de 41 000 euros en frais de taxi, a présenté, mardi, sa démission à la demande de la ministre de la Culture Fleur Pellerin.

Agnès Saal, alors présidente de l\'INA, à Paris, le 21 octobre 2014.
Agnès Saal, alors présidente de l'INA, à Paris, le 21 octobre 2014. ( MAXPPP)

La polémique a duré moins de quarante-huit heures. La présidente de l'institut national de l'audiovisuel (INA), Agnès Saal, a présenté sa démission à la demande de Fleur Pellerin, indique le ministère de la Culture, mardi 28 avril. En cause : des frais de taxis exorbitants. Francetv info revient sur cette affaire en trois actes.

Acte 1 : "Le Figaro" révèle une facture de 41 000 euros de taxis

Le Figaro révèle, lundi, qu'Agnès Saal aurait dépensé 41 000 euros durant ses dix premiers mois à la tête de l'institution publique, dont une partie pour des déplacements personnels.

En tant que présidente de l'INA, Agnès Saal a droit à un chauffeur de fonction pour ses déplacements. Mais "comme je ne peux pas le faire travailler douze à quinze heures par jour ni les week-ends, j'ai également un abonnement aux taxis G7, car je n'ai pas de permis de conduire", assure-t-elle devant le conseil d'administration qui lui demande des explications.

Par ailleurs, la présidente de l'INA révèle elle-même qu'elle avait donné son code taxi à son fils, qui aurait, selon elle, dépensé 6 700 euros. "Une maladresse", confesse-t-elle.

Acte 2 : la mise au point de la ministre de la Culture

Fleur Pellerin rappelle aussitôt, lundi, "son attachement très ferme à l'exemplarité des dirigeants des organismes publics placés sous sa tutelle". Concernant les "frais de déplacement privés de la présidente" de l'INA, la ministre de la Culture "a immédiatement demandé le remboursement intégral, qui est en cours", précise le ministère.

Fleur Pellerin "a, par ailleurs, demandé au Contrôle général économique et financier [CGEFI] son analyse et ses recommandations pour les suites qu'il conviendrait éventuellement de donner" à cette affaire, ajoute le ministère.

Dans le même temps, Le Point révèle qu'Agnès Saal a lancé une enquête interne pour trouver le corbeau qui l'a dénoncée.

Acte 3 : Agnès Saal démissionne

La présidente de l'INA et Fleur Pellerin se rencontrent au ministère de la Culture, rue de Valois, mardi après-midi. A l'issue de cet entretien, le ministère annonce qu'Agnès Saal présente sa démission à la demande de la ministre de la Culture. Une démission qui prend effet immédiatement. 

Quelques semaines auparavant, le PDG de Radio France avait été inquiété pour le coût des travaux de rénovation de son bureau (104 000 euros) et la rémunération de son conseiller en communication (90 000 euros par an). Mais il a été mis hors de cause par l'Inspection générale des finances (IGF). L'instance a jugé que ces dépenses ne présentaient "pas de caractère abusif".