Murielle Bolle mise en examen pour "diffamation aggravée" après une plainte de son cousin

Dans son livre sur l'affaire Grégory, Murielle Bolle accuse son cousin de faux témoignage. Elle assure qu'il a inventé des violences infligées par sa famille pour qu'elle se rétracte en 1984. 

Murielle Bolle lors de la présentation de son livre, \"Briser le silence\", chez son éditeur Michel-Lafon à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le 3 novembre 2018. 
Murielle Bolle lors de la présentation de son livre, "Briser le silence", chez son éditeur Michel-Lafon à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), le 3 novembre 2018.  (MAXPPP)

Elle accuse son cousin de faux témoignage, dans un livre donnant sa version de l'affaire Grégory. Murielle Bolle a été mise en examen à Metz (Moselle), mercredi 18 juin, pour "diffamation aggravée" après une plainte déposée par son cousin, a appris l'AFP de source judiciaire, confirmant une information de Vosges Matin.

"Dans un dépôt de plainte pour diffamation avec constitution de partie civile, la mise en examen est automatique, le juge d'instruction a très peu d'appréciation", a expliqué à l'AFP l'avocat du plaignant, Thomas Hellenbrand. "Ce n'est pas une procédure qui me préoccupe beaucoup. Cette mise en examen est automatique dès l'instant où il y a une plainte pour diffamation", a réagi l'avocat de Murielle Bolle, Jean-Paul Teissonnière, dans Vosges Matin. 

Dans un livre intitulé Briser le silence et paru en novembre, Murielle Bolle, âgée aujourd'hui de 49 ans, accuse son cousin d'avoir inventé des violences infligées par sa famille pour qu'elle se rétracte après son témoignage. En 1984, l'adolescente de 15 ans avait raconté aux gendarmes puis au juge d'instruction que son beau-frère, Bernard Laroche, avait enlevé en sa présence Grégory Villemin, l'après-midi du 16 octobre 1984. Le corps de l'enfant de 4 ans avait été retrouvé quelques heures plus tard, mains et pieds attachés, dans la rivière la Vologne. Murielle Bolle avait fait volte-face quelques jours plus tard, en assurant avoir subi des pressions des gendarmes.

Vers un procès cette année

Le cousin avait déposé plainte fin décembre contre Murielle Bolle pour "diffamation publique aggravée", auprès de la doyenne des juges d'instruction du tribunal de grande instance de Metz. La plainte vise également la romancière Pauline Guéna, qui a écrit le livre avec Murielle Bolle, et la maison d'édition Michel Lafon. Selon Thomas Hellenbrand, un procès devant le tribunal correctionnel de Metz pourrait avoir lieu d'ici à la fin de l'année.

En juin 2017, Murielle Bolle, ainsi que Marcel et Jacqueline Jacob, le grand-oncle et la grand-tante de Grégory, ont été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie de mort". Au moment de cette mise en examen, ce cousin avait contacté les gendarmes, affirmant se souvenir que Murielle Bolle avait été à l'époque violentée par sa famille pour revenir sur son témoignage. Les trois mises en examen ont été annulées en avril 2018 pour des raisons de procédure.

En février, la Cour de cassation a reconnu que la garde à vue de Murielle Bolle en 1984 avait été effectuée en application de dispositions "inconstitutionnelles". La cour d'appel de Paris doit désormais examiner la question de son annulation.