Belmondo, écrevisses et Paris-Brest : la nouvelle vie de Murielle Bolle dans la Nièvre

Mercredi, l'ancien élu qui héberge le témoin clé de l'affaire Grégory a donné au "Parisien" de multiples détails sur sa nouvelle vie.

Murielle Bolle face aux journalistes, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), en 1984.
Murielle Bolle face aux journalistes, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), en 1984. (MAXPPP)

C'est un logement loin des Vosges, "quelque part dans la Nièvre", confie un ancien élu du département, qui héberge Murielle Bolle, au Parisien. Vendredi 4 août, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon (Côte-d'Or) avait accepté de remettre en liberté le témoin clé de l'affaire Grégory en 1984. A l'époque, elle avait accusé son beau-frère, Bernard Laroche, du rapt du garçon de 4 ans retrouvé mort dans la Vologne, dans les Vosges, avant de se rétracter

"Elle est arrivée vendredi, dans une BMW conduite par son fils", se remémore le septuagénaire auprès du quotidien. "Pour des raisons de discrétion, et pour ne pas que la voiture soit vue, je leur ai permis de la stationner dans un de mes garages."

"Seule dans un appartement de 55 m2"

"Je ne lui ai posé aucune question", confie aussi l'ancien responsable politique, qui affirme avoir trouvé Murielle Bolle "fatiguée". Cette dernière vivrait donc "seule dans un appartement de 55 m2 environ", précise son hôte, qui s'étend volontiers sur la description de son bien. Ce trois-pièces avec "parquet" et "vue" sur la campagne, serait décoré avec des photos encadrées de "Jean Gabin, de Belmondo et de Bourvil en noir et blanc".

Depuis vendredi, il affirme aussi déployer des moyens originaux pour tenter de remonter le moral de la quadragénaire. L'ancien élu souffle ainsi avoir acheté "des écrevisses, son plat favori", mais aussi "des brioches et un Paris-Brest".

"Je me fous de ce que les gens pensent de moi"

"Pour moi, Murielle est victime d’injustice de la vie, répond le septuagénaire, interrogé sur ses motivations. Cela m’a semblé tout à fait naturel de lui proposer cette solution d’attente. C’était un acte d’humanité. J’en ai parlé à mon avocat et il m’a encouragé."

"Je n’ai pas honte. (...) Au fond, je me fous de ce que les gens pensent de moi. Plus l’enquête sera rapide, plus vite Murielle Bolle quittera la commune. Soit elle retournera en prison, ce que je ne pense pas ; soit elle retrouvera son chez elle, ce que je lui souhaite", confie-t-il aussi.

En attendant, Murielle Bolle doit pointer deux fois par semaine à la brigade de gendarmerie locale. Cette obligation s'accompagne de l'interdiction de s'exprimer dans les médias, ainsi que de celle de rencontrer les autres protagonistes de l'affaire.