Affaire Bettencourt : 5.000 euros d'amende requis contre la juge Prevost-Desprez

La magistrate est poursuivie à Bordeaux pour violation du secret de l’instruction. Elle est accusée d’avoir renseigné deux journalistes du Monde en 2010, alors qu’elle devait juger le volet « abus de faiblesse » de l’affaire Bettencourt. Si le parquet n’a pas requis de peine de prison, il croit en sa culpabilité. La décision a été mise en délibéré.

(La juge Isabelle Prévost-Desprez à Bordeaux, le 8 juin 2015. © Maxppp)

Isabelle Prévost-Desprez sera fixée sur son sort le 2 juillet à 14h30. Elle est poursuivit pour violation du secret de l'instruction, un procès lié à l'affaire Bettencourt. En 2010, la magistrate devait juger le photographe François-Marie Banier pour abus de faiblesse à l’encontre de la milliardaire héritière de l’Oréal, Liliane Bettencourt. Mais un article est publié dans le Monde,  le 2 septembre 2010. Article très documenté sur la perquisition qui venait d’avoir lieu au domicile de Liliane Bettencourt.

Pour le parquet, Prévost-Desprez est la seule source possible

Par qui les deux journalistes ont-ils été renseignés ? Pour le procureur-adjoint de Bordeaux cela ne fait pas de doute : par la juge Isabelle Prévost-Desprez elle-même. Gérard Aldige a rendu son réquisitoire ce mardi, au deuxième et dernier jour de l’audience. Corinne Audoin, la journaliste qui suit pour France Info le procès, a publié sur son compte Twitter les conclusions du parquet.

Selon le procureur-adjoint, ni les policiers, ni l’infirmier de Liliane Bettencourt ne peuvent être soupçonnés. Ne reste donc qu’Isabelle Prévost-Desprez.

La juge passe à l'offensive

Elle risque, au maximum, un an de prison et 15.000 euros d’amende. Mais si le parquet croit en sa culpabilité, il ne demande pas de peine d’emprisonnement.

Comme dans tous procès c’est la défense qui a le dernier mot. L’occasion pour la juge Prévost-Desprez de conclure par une offensive.

Isabelle Prévost-Deprez en profite aussi pour accuser l'ancien procureur de Nanterre Philippe Courroye. Il a lui aussi été dessaisi de l’affaire Bettencourt mais n'a pas été renvoyé en correctionnelle, dans l'affaire des fadettes du Monde , ces factures téléphoniques de journalistes épluchées par des enquêteurs à la demande de Philippe Courroye. Selon la juge, il a "mis sa fonction et ses pouvoirs au bénéfice de celui qui l’avait nommé" , autrement dit Nicolas Sarkozy, alors Président de la République.