Naufrage mortel sur la Seine : le pilote d'un bateau-mouche condamné à trois ans de prison avec sursis

En septembre 2008, un bateau-mouche avait heurté un bateau de plaisance sous un pont voisin de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Un bateau de plaisance est repêché dans la Seine, le 14 septembre 2008, après avoir été coulé par un bateau-mouche, à Paris.
Un bateau de plaisance est repêché dans la Seine, le 14 septembre 2008, après avoir été coulé par un bateau-mouche, à Paris. (MAXPPP)

L'accident avait causé la mort de deux personnes, dont un enfant de six ans. Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, mardi 16 juin, à trois ans de prison avec sursis le pilote d'un bateau-mouche reconnu responsable du naufrage d'une vedette sur la Seine en 2008. Il encourait cinq années de prison pour "homicides et blessures involontaires", "navigation à une vitesse excessive" et "usage de stupéfiant".

Le tribunal a également prononcé l'annulation, pendant trois ans, de son permis de naviguer et lui a infligé à titre personnel deux amendes pour un montant de 2 000 euros. Le pilote, Florent Bonnin, 47 ans, a également été condamné solidairement avec la compagnie des Bateaux-mouches et l'Européenne d'armement et d'affrètement (EAA), qui gère les équipages, à verser 790 000 euros de dommages et intérêts aux victimes et à leurs familles, parties civiles.

"Un défaut d'attention", selon le parquet

Dans ses réquisitions, en mars, le procureur avait estimé que la faute commise par le pilote était "dominante". Il avait reproché à Florent Bonnin "un défaut d'attention", favorisé par une consommation de cannabis, le non-respect des distances de sécurité réglementaires entre navires et un excès de vitesse au-delà des 12 km/h autorisés par le règlement fluvial. Il avait requis une peine de trois ans de prison avec sursis.

A l'issue des débats, le pilote du bateau-mouche, visiblement ému par les témoignages de victimes, avait reconnu avoir fait preuve d'imprudence et de négligence. Son avocate avait néanmoins fait valoir que le pilote de la vedette avait lui aussi fait preuve "d'imprudence" en stationnant un moment dans le bras de la Monnaie, où il est interdit de s'arrêter, ou en embarquant 12 personnes dans un bateau prévu pour huit.