Italie : un syndicaliste dénonce les conditions de travail des ramasseurs de tomates

Douze travailleurs agricoles migrants ont perdu la vie dans un accident de la route. Quelques jours avant, un accident similaire a fait quatre morts. Un syndicaliste dénonce les conditions de travail des ramasseurs de tomates et interpelle les consommateurs.

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franceinfo

Douze hommes sont morts dans un accident au sud de l'Italie. Tous étaient ramasseurs de tomates. "Nous on est là avec les travailleurs, quels que soient leurs papiers d'identité, qu'ils soient migrants, italiens, qu'ils aient un permis de séjour ou pas, ce sont avant tout des êtres humains", explique le syndicaliste Aboubakar Soumahoro. Pour lui, ce n'est pas un simple accident de la route : "C'est confirmé, c'est un accident du travail. Message à ceux qui mangent des tomates, pensez-y, à chaque fois que vous faites des courses, dans quelles conditions travaillent les ouvriers."

"On meurt pour une récolte"

Samedi, un autre accident a eu lieu dans cette même région : en une semaine, 16 ouvriers agricoles ont perdu la vie. "Ils ont été acheminés à l'aube vers les champs. Ils ont peiné tout le jour. Puis, au retour, ils ont été entassés à huit dans un vieux fourgon pourri" a tweeté Jean-Baptiste Malet, auteur du documentaire L'empire de l'or rouge. Il y explique que les ramasseurs de tomates viennent d'Afrique, d'Inde, de Roumanie ou de Bulgarie. Ils sont payés 20 euros en moyenne, pour dix heures de travail sous un soleil de plomb. "Quand je suis au supermarché et je regarde une bouteille de sauce tomate, je me dis que les gens qui l'achètent ne savent pas que derrière il y a une histoire d'esclavage. Ici on meurt pour une récolte", explique Aboubakar Soumahoro. Difficile d'évaluer le nombre précis de travailleurs étrangers, ils sont probablement des dizaines de milliers dans le sud de l'Italie.

Des ouvriers agricoles ramassent des tomates dans la région de Foggia, dans le sud de l\'Italie, en septembre 2009.
Des ouvriers agricoles ramassent des tomates dans la région de Foggia, dans le sud de l'Italie, en septembre 2009. (TONY GENTILE / REUTERS)