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Incendie de l'hôtel Paris-Opéra : trois ans de prison ferme pour la principale responsable

L'incendie de cet hôtel parisien avait fait 24 morts en avril 2005, dont de nombreuses femmes et des enfants.

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Des fleurs déposées en hommage aux victimes de l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra, le 21 avril 2005, à Paris.  (JOEL SAGET / AFP)

L'incendie de l'hôtel Paris-Opéra avait fait 24 morts en avril 2005, dont de nombreuses femmes et des enfants. La principale responsable a été condamnée à trois ans de prison ferme, jeudi 23 janvier, par le tribunal correctionnel de Paris. Le veilleur de nuit de l'établissement a quant à lui écopé de deux ans de prison, dont un avec sursis.

La gérante a été relaxée, mais le gérant a été condamné à trois ans de prison, dont deux ferme. L'établissement accueillait principalement des familles étrangères précaires envoyées par le Samu social, dans un nombre beaucoup trop important pour les capacités de l'hôtel.

A l'origine du drame, une dispute de couple

Selon la défense, c'est un geste de dépit, celui d'une femme fragile et amoureuse rejetée par son amant, veilleur de nuit de l'hôtel qui préférait boire avec des clients et sniffer de la cocaïne, qui a conduit Fatima Tahrour à quitter l'établissement en jetant à terre les affaires de son ami.

En faisant tomber couette et vêtements sur des bougies placées au sol dans leur chambre improvisée dans une "salle des petits déjeuners", la jeune femme a déclenché le sinistre. Cernés par les flammes dans l'hôtel vétuste, de nombreux occupants des étages supérieurs n'ont pu s'échapper. Beaucoup ont sauté dans le vide.

Cet incendie a été le pire survenu dans la capitale depuis la Libération. C'était aussi le premier d'une série qui a fait 52 morts en quelques mois dans des hôtels ou meublés parisiens abritant majoritairement des étrangers. Il a conduit à un durcissement de la législation anti-incendie pour les hôtels.

Qui a été condamné et pourquoi ?

L'auteure du feu, Fatima Tahrour. La jeune femme a toujours dit qu'elle ne s'était pas rendu compte de son geste et qu'elle avait appris la nouvelle le lendemain. Si elle a exprimé regrets et remords, survivants et procureur ont déploré qu'elle n'ait jamais fourni d'explication "claire, honnête". Comme l'explique un journaliste de France 2, le président a pris le temps d'expliquer les condamnations.

"Il vous était quasiment impossible de méconnaître le risque d'incendie. Il est extrêmement probable qu'à tout le moins, vous ayez eu connaissance du départ de feu", a-t-il lancé à l'adresse de Fatima Tahrour, selon Le Parisien. Il a ajouté : "Votre imprudence caractérisée est directement à l'origine du décès de 24 personnes." Elle doit faire appel de sa condamnation à trois ans de prison ferme.

 

Le veilleur de nuit drogué et ivre, Nabil Dekali. L'ex-amant, fils des gérants et veilleur de nuit, grièvement blessé lors du sinistre, était "alcoolisé et drogué". Pour le président, cela a "altéré" ses réflexes ce soir-là. "Le tribunal tient pour acquis que ce n'est pas vous qui avez appelé les secours", ce qui a "fait perdre un temps précieux". Après l'arrivée des pompiers, "vous avez de fait perturbé les secours", aggravant ainsi les conséquences de l'incendie, a ajouté le magistrat. L'homme écope de deux ans de prison, dont un avec sursis.

Le père et gérant avide, Rachid Dekali. La mère, Fatima Dekali, a été relaxée, le tribunal estimant qu'elle ne pouvait être considérée comme gérante de fait de l'hôtel. En revanche, le père, Rachid Dekali, a été condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis.

Le tribunal a estimé que le père était "parfaitement au courant de la toxicomanie de [son] fils et donc du danger de lui confier la surveillance d'un hôtel surpeuplé". Il a aussi jugé que cette sur-occupation était "connue, recherchée et volontaire, dans un but lucratif". En clair, le gérant accueillait beaucoup trop de monde dans l'hôtel par cupidité. Le tribunal est allé au-delà des réquisitions de l'accusation, qui réclamait quatre ans de prison avec sursis.

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