Drôme : ce que l'on sait de l'accident qui a coûté la vie à cinq enfants sur l'autoroute A7

Un monospace a pris feu sur l'autoroute du Soleil, lundi, avant d'effectuer une sortie de route. Cinq des neuf passagers qui se trouvaient à bord, des enfants de 3 à 14 ans, sont morts.

Des pompiers sur les lieux de l\'accident dans lequel sont morts cinq enfants sur l\'A7, près d\'Albon (Drôme), le 20 juillet 2020.
Des pompiers sur les lieux de l'accident dans lequel sont morts cinq enfants sur l'A7, près d'Albon (Drôme), le 20 juillet 2020. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

Une tragédie sur la route des vacances. Cinq enfants d'une même famille, âgés de 3 à 14 ans, sont morts, lundi 20 juillet dans la soirée, dans un grave accident de la route sur l'autoroute A7, à hauteur d'Albon (Drôme). Quatre autres personnes de la même famille – trois adultes et un enfant de 7 ans – sont gravement blessées. Toutes étaient dans le même véhicule, un monospace retrouvé en feu au bord de l'autoroute. Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes du sinistre. Franceinfo résume ce que l'on sait des circonstances de cet accident meurtrier.

Le véhicule en feu "a fait une embardée et plusieurs tonneaux"

Les faits se sont déroulés en début de soirée à hauteur d'Albon, sur l'A7, dans le sens sud-nord. Selon le procureur de Valence, Alex Perrin, le véhicule, de type Renault Grand Scénic, a "manifestement" pris feu, le conducteur en a perdu le contrôle et est "parti en tonneaux". Avant de perdre connaissance, l'homme a déclaré à des témoins avoir rencontré un problème de freinage, a ajouté le procureur.

Nabila rentrait de vacances en Espagne avec son fils, et se trouvait juste derrière la voiture. Elle raconte au micro de France Bleu Drôme Ardèche : "Je roulais sur la voie du milieu et j'ai vu de la fumée blanche qui venait de la droite. J'ai pensé qu'il s'agissait d'un épandage de pesticides, mais en fait ça ne venait pas du champ mais d'un véhicule. La fumée blanche est passée au noir et ça a pris feu par l'arrière, sous le coffre", poursuit Nabila, encore très choquée par ce qu'elle a vu. Le conducteur, qui était sur la voie de droite, a essayé de se mettre sur la bande d'arrêt d'urgence mais là, ça a pété. Il y a eu comme une explosion, tout a pris feu et la voiture a fait un tonneau et a fini dans le champ."

"On voit de la fumée, le véhicule commence à prendre feu. Manifestement, le conducteur a cherché à se mettre sur la bande d'arrêt d'urgence. Mais les freins n'ont pas fonctionné. Le véhicule a fait une embardée et plusieurs tonneaux avant d'atterrir dans un champ", confirme, de son côté, Hugues Moutouh, préfet de la Drôme, qui a pu visionner les images de vidéosurveillance. "Le brasier était intense", a-t-il précisé sur franceinfo

FRANCE 2

L'enquête doit permettre d'établir s'il y a eu une défaillance technique ou un défaut d'entretien. Neuf personnes se trouvaient dans le monospace, alors qu'il était prévu pour sept. "Mais 6 passagers étant mineurs, une surcharge éventuelle du véhicule n'est pas établie pour l'heure", précise France 3 Auvergne Rhône-Alpes. "La cause de l'accident n'est manifestement pas dans le nombre de personnes à bord, c'est manifestement une cause technique, il faudra essayer de la comprendre", estime aussi le procureur au micro de France Bleu Drôme-Ardèche. La carcasse de la voiture a été enlevée et va être analysée. 

Pronostic vital engagé pour trois passagers

Toutes les victimes appartiennent à une même famille originaire de Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise. Des parents, une belle-sœur et leurs enfants qui revenaient de vacances, selon France Bleu Drôme-Ardèche. C'est le père qui conduisait.

Les corps des cinq enfants décédés ont été "brûlés à un niveau important", ce qui complique leur identification, a déclaré le procureur. Les trois adultes et un enfant de 7 ans ont réussi à s'extraire du véhicule en flammes. Le pronostic vital est engagé pour l'enfant et deux adultes. "Ils étaient cette nuit en urgence absolue, répartis dans deux centres hospitaliers à Lyon", a indiqué le préfet de la Drôme.

Un accident d'une ampleur inédite sur l'A7

Les ministres de l'Intérieur, Gérald Darmanin et des Transports, Jean-Baptiste Djebbari se sont rendus sur place après minuit. "Cinq enfants décédés dans des conditions particulièrement atroces et un enfant qui lutte pour la vie en ce moment même, on pense à ces familles particulièrement endeuillées", a commenté Gérald Darmanin lors d'un bref point de presse. La déléguée interministérielle à la sécurité routière avait également fait le déplacement, tout comme le président de Vinci Autoroutes.

Emmanuel Macron a également réagi à cet accident dans un tweet, en disant partager "la douleur immense des proches des victimes". Tout comme le Premier ministre Jean Castex, qui "salue la mobilisation des services de sécurité et secours et agents de l’État".

Pour cette "opération très éprouvante", 53 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, ainsi que trois hélicoptères (celui du Samu de la Drôme, du Samu du Rhône et celui de la sécurité civile), a ajouté le préfet. Hugues Moutouh insiste sur le caractère inédit du sinistre : "De mémoire d'homme, on n'a pas le souvenir d'un accident aussi tragique avec cinq enfants tués." De fait, il s'agit de l'accident le plus grave sur l'A7 dans la Drôme en 18 ans. Le 29 novembre 2002, cinq pompiers de Loriol qui intervenaient sur un accident de la route avaient été fauchés par un automobiliste.