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Accident mortel du TGV Est en 2015 : pourquoi autant de temps avant le procès ?

Sept ans après le drame de novembre 2015 en Alsace, dans lequel onze personnes sont mortes après le déraillage d'un train d'essai, deux juges d'instruction du tribunal judiciaire de Paris ont ordonné un procès contre la SNCF, deux de ses filiales ainsi que contre trois employés de ces filiales.

Article rédigé par France Info - Arthur Fradin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Un train TGV d'essai avait déraillé dans un canal à Eckwersheim (Bas-Rhin), le 14 novembre 2015, qui avait fait 11 morts et 42 blessés. (FREDERICK FLORIN / AFP)

"On a perdu beaucoup de temps." Ces mots sont de Gérard Chemla, avocat d'une cinquantaine de parties civiles de l'accident mortel du TGV Est en 2015. Après l'accident d'un TGV d'essai qui avait fait onze morts et 42 blessés en novembre 2015 à Eckwersheim, dans le Bas-Rhin, la SNCF, deux filiales et trois de leurs employés seront jugés devant le tribunal correctionnel de Paris. Les trois employés sont "la personne responsable de l'encadrement de la conduite", celui qui conduisait la motrice, et un salarié d'une des filiales. 

Pour l'avocat des parties civiles, rien ne justifie la longueur de l'instruction dans cette affaire, les conclusions des experts ayant été rendues depuis longtemps. "On va se souvenir que l'accident s'est produit le 14 novembre 2015, soit le lendemain des attentats de Paris, déclare Gérard Chemla. Les attentats de Paris sont aujourd'hui jugés alors que, en ce qui concerne cet accident du TGV, l'information judiciaire ne se termine que maintenant."

Prouver "l'inconscience invraisemblable" des essais de la SNCF

Si les juges ont pris leur temps, c'était, selon eux, pour ne pas renvoyer n'importe qui devant le tribunal. Pour Gérard Chemla, ils ont pourtant fait fausse route : "Je pense que les personnes qui avaient organisé les essais, qui ont pris les décisions, comme celle de la vitesse, ont commis des erreurs et que ces erreurs ont causé l'accident."

"Nous aurions bien aimé être confrontés à toutes les personnes qui ont failli. Je trouve ça assez décevant."

Gérard Chemla, avocat des parties civiles

à franceinfo


A l'approche de la phase de jugement, Gérard Chemla entend montrer "l'inconscience invraisemblable des essais menés par la SNCF sur ce TGV-Est". La SNCF n'a souhaité faire aucun commentaire, pour le moment.

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