Crash dans les Alpes : le copilote avait fait des recherches internet sur le suicide et les portes de cockpit

Les enquêteurs ont accédé à l'historique de ses recherches sur une tablette retrouvée dans l'un de ses domiciles. Les plus récentes datent de la veille du drame.

Le copilote de Germanwings Andreas Lubitz posant devant le Golden Gate Bridge, à San Francisco (Etats-Unis), à une date indéterminée.
Le copilote de Germanwings Andreas Lubitz posant devant le Golden Gate Bridge, à San Francisco (Etats-Unis), à une date indéterminée. (AFP)

Ce nouvel élément semble indiquer qu'Andreas Lubitz avait prémédite son geste. Le copilote allemand de l'A320 de Germanwings qui s'est écrasé le 24 mars dans les Alpes-de-Haute-Provence, faisant 150 morts, avait fait des recherches sur internet sur le suicide et les portes blindées de cockpit, a annoncé, jeudi 2 avril, la justice allemande.

Des recherches retrouvées sur une tablette de Lubitz

Les enquêteurs ont pu accéder aux recherches que le copilote avait effectuées sur internet jusqu'au 23 mars, veille du crash, sur une tablette saisie lors d'une perquisition dans l'un des domiciles d'Andreas Lubitz. Elles montrent qu'il s'est "informé sur les manières de se suicider" ainsi que sur "les portes de cockpit et leurs mesures de sécurité", a indiqué dans un communiqué le parquet de Düsseldorf, en charge de la partie allemande de l'enquête.

"Le navigateur (de la tablette) n'avait pas été effacé et il était en particulier possible de suivre sur l'appareil les recherches effectuées sur la période comprise entre le 16 mars et le 23 mars 2015", a précisé le parquet. En dehors de ses recherches sur le suicide et les portes de cockpit, Andreas Lubitz s'était également penché sur des "méthodes de traitement médical", a ajouté le parquet, sans préciser quel type de maladie était concerné.

"Un épisode dépressif sévère"

Andreas Lubitz est soupçonné d'avoir délibérément dirigé l'A320 sur le massif montagneux, après s'être enfermé, seul, dans le cockpit. Lundi, le parquet de Düsseldorf avait affirmé que le copilote avait "été en traitement psychothérapeutique pour des tendances suicidaires il y a de nombreuses années", avant l'obtention de son brevet de pilote.

Mardi, la compagnie Lufthansa, maison-mère de Germanwings, a indiqué avoir transmis aux autorités judiciaires allemandes des "documents supplémentaires" confirmant que le copilote avait informé son école de pilotage en 2009 qu'il avait connu un "épisode dépressif sévère". Selon le quotidien allemand Bild, le copilote a par ailleurs menti à des médecins en leur assurant être en arrêt maladie alors qu'il continuait à travailler.