Boeing va équiper le 737 MAX d'un signal lumineux d'alerte de dysfonctionnements

Jusque-là payante, cette option sera désormais proposée gratuitement par l'avionneur.

Un Boeing 737 Max, le 21 juin 2017 au Bourget (Seine-Saint-Denis).
Un Boeing 737 Max, le 21 juin 2017 au Bourget (Seine-Saint-Denis). (MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY / AFP)

Un changement pour éviter de nouveaux drames, comme ceux de Lion Air et d'Ethiopian Airlines. Les Boeing 737 MAX seront désormais tous équipés d'un signal d'alerte lumineux, pour avertir de tout dysfonctionnement du système anti-décrochage MCAS. C'est cette faille qui a été mise en cause dans l'accident d'un appareil de ce type ayant entraîné la mort de 189 personnes en octobre, a indiqué jeudi 21 mars à l'AFP une source industrielle. Cette fonctionnalité, qui était jusqu'à présent optionnelle, va devenir partie intégrante de l'avion : c'est une des modifications que Boeing va présenter aux autorités américaines ainsi qu'aux compagnies clientes dans les prochains jours, a ajouté cette source sous couvert d'anonymat.

Elle a par ailleurs indiqué que ni le 737 MAX 8 de la compagnie indonésienne Lion Air ni celui d'Ethiopian Airlines, qui s'est écrasé le 10 mars, faisant 157 morts, n'étaient pas équipés d'un tel signal. American Airlines, qui exploite 24 appareils 737 MAX 8, avait, elle, acheté l'option, anticipant de potentiels désaccords entre les systèmes de l'avion, a indiqué à l'AFP une source interne. Idem pour Southwest, plus grosse cliente de cet avion, qui a même rajouté en début d'année une option supplémentaire visant à activer le Primary Flight Display (PFD), qui rassemble tous les paramètres nécessaires au pilotage, assure une porte-parole.

Un signal non obligatoire

Si la FAA n'avait pas estimé que ce signal était obligatoire jusqu'en début de mois, les experts jugent qu'il est important pour la sécurité d'un vol. "Les instruments comme des signaux lumineux d'alerte devraient être la norme parce qu'il est important, pour les pilotes, de savoir quand les systèmes sont en désaccord l'un avec l'autre", avance Scott Hamilton, expert au cabinet Leeham Company. "Il y a eu manifestement un excès de confiance dans la transition du 737NG vers le MAX. Boeing a sous-estimé les changements nécessaires (...), sous-estimé les compagnies clientes qui veulent faire des économies à tous les niveaux opérationnels", ajoute un autre expert aéronautique sous couvert de l'anonymat.

Le signal d'alerte est appelé "disagree light" dans le langage de Boeing. Il était jusqu'ici payant pour toute compagnie aérienne intéressée mais sera désormais gratuit. Il s'enclencherait en cas d'informations erronées transmises par une ou deux sondes d'incidence ("Angle of attack"- AOA) au système de stabilisation MCAS. Ce système mesure l'angle d'attaque et met l'avion en piqué pour lui permettre de reprendre de la vitesse et de s'éloigner du risque de décrochage fatal.

Une compagnie annule sa commande de 49 avions

S'il a suspendu les livraisons du 737 MAX, Boeing a décidé d'en poursuivre la production. Depuis le crash, une seule compagnie a décidé d'annuler sa commande. Garuda a annoncé le 22 mars qu'elle ne voulait plus des 49 Boeing 737 Max 8. "Les passagers de Garuda ont perdu confiance et ne veulent plus voler avec des MAX", a expliqué à l'AFP Ikhsan Rosan, porte-parole de la compagnie nationale indonésienne.