Drame de Millas : selon les conclusions des expertises techniques, la conductrice du car a freiné trop tard

Ces expertises contredisent la version de la conductrice du car scolaire sur cette violente collision avec un TER entre Millas et Thuir qui a coûté la vie à six collégiens le 14 décembre 2017.

Le passage à niveau, à Millas, le 19 décembre 2017.
Le passage à niveau, à Millas, le 19 décembre 2017. (COR / AFP)

Dix mois après le drame de Millas (Pyrénées-Orientales), les conclusions des expertises techniques révélées vendredi par Le Parisien/ Aujourd'hui en France et auxquelles franceinfo a eu accès viennent d'être remises à la juge d'instruction du pôle accident collectif de Marseille.

Ces expertises contredisent la version de la conductrice du car scolaire sur cette violente collision avec un TER entre Millas et Thuir qui a coûté la vie à six collégiens le 14 décembre 2017. Selon les deux experts qui ont analysé le car, la conductrice, mise en examen pour "homicide involontaire", a freiné trop tard et enfoncé les barrières du passage à niveau qui étaient bien fermées, contrairement à sa version. Ils indiquent toutefois que les hypothèses formulées "doivent-être corrélées avec les résultats des autres experts intervenant dans ce dossier pour voir si l'une d'elles est plausible".

Aucune cause mécanique 

"L’origine de cet accident provient d’un freinage tardif de la conductrice de l’autocar", commence le rapport, avant d'ajouter : "Aucune cause mécanique n'est à l'origine de l'accident survenu hors agglomération sur la départementale 612 (...) au niveau du passage à niveau n°25, les conditions météorologiques ne sont pas non plus en cause à l'origine de cet accident."

Les experts pointent la responsabilité de la conductrice. "L'origine de l'accident provient d'un freinage tardif de la conductrice de l'autocar (...) madame Nadine O. En effet, après avoir effectué sa délicate manoeuvre d'insertion sur la départementale 612 et après avoir accéléré jusqu'à 12 km/heure, la conductrice de l’autocar (...) se rend compte de la présence d’un obstacle devant son autocar et elle écrase la pédale de frein. Le seul obstacle pouvant se trouver devant son autocar dans son couloir de circulation nécessitant d’écraser la pédale de frein est la présence de la barrière fermée du passage à niveau n°25. Lorsqu’elle décide de freiner, l’autocar (...) est déjà trop près de la barrière fermée et elle ne réussit pas à stopper l’autocar avant d’atteindre la voie ferrée".

Sur sa lancée, bien qu’elle soit en freinage, elle percute la barrière du passage à niveau qui se plieRapport d'experts

Ce rapport donne un déroulé de l'accident : "L'autocar poursuit sa trajectoire et commence à traverser la voie ferrée, madame Nadine O appuyant toujours sur la pédale de frein. Lorsque l'autocar se trouve sur le passage à niveau, la vitesse réduite à 7 km/heure, il est percuté sur son flanc gauche par le TER qui est en freinage d'urgence. Il est 16h07."

En revanche, les experts restent prudents : "Plusieurs événements ayant eu lieu et la barrière ayant plusieurs endommagements, il est difficile de remonter à ce qui a pu se passer. Les différentes hypothèses énoncées ne sont que des hypothèses. Celles-ci doivent-être corrélées avec les résultats des autres experts intervenant dans ce dossier pour voir si l'une d'elles est plausible". L'expertise sur les barrières est notamment toujours en cours, a rappelé ce vendredi le procureur de la République de Marseille, qui a ajouté que l'expertise ferroviaire a démontré "une absence de dysfonctionnement des installations de la SNCF".