L’accident de car de Puisseguin "peut se reproduire demain, les normes n’ont pas changé", déplore une avocate de proches de victimes

Marie Mescam a estimé que l'accident de Puisseguin, le plus meurtrier en France depuis 1982, pourrait se reproduire car "il ne se passe rien", selon elle. 

La dépouille du car accidentée sur la route de Puisseguin, en octobre 2015. 
La dépouille du car accidentée sur la route de Puisseguin, en octobre 2015.  (THIBAUD MORITZ / MAXPPP)

"L’accident peut se reproduire demain, les normes n’ont pas changé", déplore jeudi 28 février maître Marie Mescam, avocate de victimes et proches de l’accident de Puisseguin entre un camion et un autocar qui a fait 43 morts, le 23 octobre 2015, contactée par France Bleu Gironde.

Le Collectif des victimes de l’accident de Puisseguin, plusieurs dizaines de personnes, a été reçu mercredi par le juge d’instruction de Libourne chargé du dossier. Le collectif de victimes est sorti en colère de cette rencontre qui devait leur permettre de faire le point sur l’enquête et de voir ce qui avait été mis en place pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

"On suppose qu'il ne se passe rien" 

"Il nous a été dit que quelqu’un serait en charge d’initier les démarches pour que ça arrive à quelque chose de concret. Et cette personne serait aussi chargée de faire le lien avec les victimes et de les tenir informées de ce qui se faisait et tenir au courant des progressions. Le collectif a relancé le ministère des Transports. Il n’y a même pas eu de réponse au ministère des Transports, a déploré Marie Mescam. Donc, bien évidemment qu’on suppose qu’il ne se passe rien, ou alors s’il se passe quelque chose, et ça m'étonnerait, on n’en est pas informés", a poursuivi l'avocate.

"On nous fait circuler dans des bus qui sont de véritables boîtes d’allumettes. Si jamais il y a une étincelle, le bus peut prendre feu très rapidement et les matériaux, en se consumant, dégagent des gaz extrêmement toxiques", a-t-elle ajouté.

La ministre des Transports avait promis des améliorations 

Par ailleurs, l’instruction doit encore durer au moins un an, a précisé le juge mercredi au collectif. "Il nous a été confirmé qu'il n'y avait pas de possibilités de poursuites puisqu'on était dans le respect des normes, parce que le bus respectait les normes qui sont toujours en vigueur aujourd'hui. On est sur une toxicité des fumées très importante puisque les experts nous ont indiqué que les produits dégagés lorsque le bus a pris feu, et les matériaux qui équipaient le bus ont pris feu, sont comparables au Zyklon B. Cela veut dire que ce drame peut se reproduire demain", insiste-t-elle.

La ministre des Transports Elisabeth Borne avait reçu le collectif en 2017. Elle avait promis à l’été 2017 la mise en œuvre rapide des recommandations du rapport d'enquête technique du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), portant sur l'accident de Puisseguin (Gironde). Le BEA-TT préconisait d'améliorer la sécurité à bord des autobus et autocars, notamment en améliorant la résistance au feu des matériaux qui composent les véhicules.

Huit personnes seulement avaient survécu dans la collision. C'est l’accident le plus meurtrier en France depuis 1982 où 53 personnes avaient perdu la vie à Beaune.