Accident de Brétigny : un an après, les rescapés sont toujours traumatisés

Le 12 juillet 2013, l'accident avait fait sept morts et de nombreux blessés. Un an après, les rescapés témoignent.

L\'accident de train de Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet 2013.
L'accident de train de Brétigny-sur-Orge, le 12 juillet 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

C'était il y a un an, jour pour jour. Le train Paris-Limoges déraillait violemment en gare de Brétigny-sur-Orge (Essonne) provoquant le plus grave accident ferroviaire depuis 20 ans. Ce jour-là, sept personnes sont mortes et des dizaines d'autres ont été blessées.

A l'occasion de cet anniversaire, certains rescapés ont souhaité témoigner. Francetv info revient sur leurs témoignages.

"Je ne serai plus jamais à l'aise dans un train"

AMBROISE DUCHE, MATHIEU DREUJOU / FRANCE 2

Malgré la catastrophe, Manou N'Diaye continue de prendre le train chaque jour pour aller au travail. Mais ses habitudes ont changé : il reste loin de la voie sur le quai et repère sorties et marteaux brise-glace dès qu'il entre dans un wagon. Parfois, l'angoisse est trop forte, et provoque des malaises. "J'ai senti que mon cœur se serrait et qu'il battait de plus en plus fort. Je ne serai plus jamais à l'aise dans un train", raconte-t-il à propos du malaise qu'il a fait il y a un an.

Le conducteur n'a pas repris les commandes d'un train

Il conduisait des trains depuis 20 ans. Laurent, le quadragénaire aux commandes du train Paris-Limoges dont les réflexes au moment du drame avaient été salués, n'a toujours pas repris son travail, raconte RTL. L'homme ne s'exprime pas publiquement, mais l'un de ses collègues décrit un homme "fragilisé, hanté par la catastrophe". Sous traitement médical, il travaille désormais à mi-temps dans un bureau de la SNCF à Limoges, la ville où il habite depuis 2009.

"La perte de Morgane m'a ravagé"

Sur son blog, un passager de la voiture n°4 revient sur l'accident et raconte comment il a dû vivre pendant un an sans Morgane, sa petite amie. "Tout devient irrationnel, le wagon se soulève, retombe, commence à pencher vers la droite, raconte-t-il. De ce wagon étendu sur son flanc, je suis sorti le pied en sang, tiré et porté par d’autres. Mais Morgane n'est pas sortie".

"La perte de Morgane m'a ravagé comme un tsunami (...), détruisant tout et ne laissant que des morceaux de moi éparpillés", poursuit-il. Je doute sincèrement qu'une telle cicatrice puisse un jour se refermer".