France-Allemagne : Benjamin Pavard aurait-il dû sortir pour un protocole commotion ?

Selon l’association qui représente les joueurs de football professionnels (Fifpro), Benjamin Pavard aurait dû sortir du terrain après son choc avec l’Allemand Robin Gosens mardi. 

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France Télévisions
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Benjamin Pavard a rapidement été examiné sur la pelouse par le staff médical de l'équipe de France après son choc avec Robin Gosens. (MATTHIAS HANGST / POOL)

Il est resté allongé au sol plusieurs secondes… À la 58e minute du match France-Allemagne, mardi 15 juin, Benjamin Pavard a été violemment percuté par l’Allemand Robin Gosens. Le latéral de la Nationalmannschaft est arrivé lancé dans la surface française et son genou a heurté la tempe de Pavard. Le Français s’est alors effrondré sous la violence du choc, et sa tête a subi un deuxième impact en heurtant le sol. 

"C’était un sacré choc", reconnaissait l’arrière droit français à l’issue de la rencontre. "Je suis resté KO 10-15 secondes, mais ensuite ça allait de mieux en mieux", ajoutait-il. Un KO qui interroge la Fifpro, l’association représentant les joueurs de foot professionnels : "La Fifpro est en contact avec l'UEFA pour savoir pourquoi la charte des commotions cérébrales n'a pas été appliquée, et donc Benjamin Pavard sorti du terrain", a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.

La décision appartient à chaque équipe

La Fifpro fait référence à une série de recommandations sur le traitement des commotions annoncées samedi par l'UEFA, après des échanges en ligne avec les médecins des 24 équipes engagées dans le tournoi. La décision de sortir ou non un joueur appartient en effet à chaque équipe, le règlement de l'Euro n'imposant aucune conduite systématique à tenir en cas de choc à la tête. "Nous confirmons que si un joueur de notre équipe est soupçonné d'avoir subi une commotion cérébrale, il sera immédiatement sorti du terrain, que ce soit à l'entraînement ou en match", prévoit cette nouvelle charte.

Toute la difficulté réside donc dans l'évaluation du "soupçon" de commotion, réalisée sur le terrain immédiatement après l'incident, alors que les symptômes d'un choc au cerveau peuvent apparaître avec retard. Selon les conseils d’experts internationaux consultés par la FIFA,"l'examen initial" du joueur n'est qu'une première étape et ce diagnostic "doit être confirmé dans les 24 à 72 heures suivant l'incident, dans un cadre clinique et par un spécialiste des commotions cérébrales".

L'évaluation rapide sur le terrain sert à détecter les signaux inquiétants d'emblée, tels les maux de tête, vomissements, convulsions ou de la confusion mentale : pour cela, le médecin observe le joueur, lui pose des questions type et teste ses gestes. Mais l'un des risques relevés par les spécialistes est celui d'un "hématome sous-dural", où le sang vient progressivement comprimer le cerveau, rendant l'athlète très vulnérable à un deuxième impact alors qu'il semblait avoir bien récupéré.

Une enquête de l'UEFA ouverte

Après ce signalement de la Fifpro, l’UEFA a ouvert sa propre enquête sur les circonstances de la sortie temporaire de Benjamin Pavard. L’instance a demandé des "éclaircissements" au staff des Bleus pour s’assurer que le protocole commotion avait été respecté par le médecin de l’équipe de France, Franck Le Gall. Benjamin Pavard ne semble pas avoir présenté des troubles depuis la fin de la rencontre, il a participé normalement au décrassage des titulaires ce mercredi 16 juin.

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