Euro 2021 - Hongrie - France : Loïc Nego, le plus français des Hongrois

On peut être Français et se retrouver à jouer contre la France à l'Euro comme Loïc Nego avec la Hongrie, samedi.

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Loic Nego a marqué un but crucial contre l'Islande le 12 novembre 2020, qui a permis à la Hongrie de participer à l'Euro 2021. (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

Né à Paris, où il a grandi et vécu jusqu’à ses 20 ans, il aurait pu participer à l’Euro 2021 avec l’équipe de France. Loïc Nego en est finalement l’adversaire, samedi 19 juin, sous les couleurs de la Hongrie (15 heures).

Itinéraire d'un déraciné volontaire

Malgré nos sollicitations de longue date, le latéral droit, dont le parcours est l’une des curiosités de l'été, a refusé de s’en faire le conteur. Peut-être prétextera-t-il l’importance de se concentrer sur le terrain et uniquement le terrain ? Peut-être ne veut-il pas bousculer par une déclaration maladroite un équilibre qu’il a passé tant de temps à trouver.

Car la carrière de Loïc Nego n'est pas un long fleuve tranquille. Ce n'est qu'une fois ses bagages posés non loin du Danube, à Budapest puis à Székesfehérvár, qu'il a vu sa carrière décoller et surtout se stabiliser. "Quand je suis en France et que je prépare mon retour pour la Hongrie, je dis toujours : je rentre à la maison. C'est un sentiment difficile à exprimer. La France est mon pays, mais je me sens chez moi en Hongrie", expliquait-il en octobre dernier sur le site de son club en Hongrie, le MOL Fehervar (ex-Videoton).

Sa première maison, celle qui l'a fait grandir en tant que footballeur, c'était le FC Nantes, dont il a porté les couleurs de ses 13 ans à ses 20 ans. Grand espoir de la Jonelière, le centre de formation des Canaris, Nego était parfaitement lancé pour percer en France. Un premier contrat professionnel signé en septembre 2008, un passage par toutes les catégories des Bleus des U16 au U20. En 2010, il est retenu par Elie Baup dans le groupe pro du FC Nantes en Ligue 2 et il est surtout sacré champion d'Europe des moins de 19 ans avec la France au côté d'Antoine Griezmann dont il partage la chambre.

Le placard puis l'exil

Attirés par le potentiel du latéral droit polyvalent, des clubs comme l'AS Rome font  part de leur intérêt, alors que Nantes accuse encore le coup de sa relégation dans l'antichambre du foot français. "Loïc faisait partie de la génération que le club attendait depuis un moment. Les supporters se sont sûrement dit que c’était avec cette génération-là que ça allait repartir. Mais ces jeunes joueurs ont vu que c’était la merde à Nantes à ce moment-là. Du coup, ils ont fui pour éviter les problèmes", a confié son ancien coéquipier Mathias Coureur à So Foot en décembre.

Mis au placard à cause de ses envies d'ailleurs, Loïc Nego quitte la France pour l'Italie à l'été 2011. Mais alors que son éclosion est attendue dans l'antre de Francesco Totti, il reste cantonné à la Primavera (l'équipe de jeunes de la Roma) et quitte le club en janvier 2013 sans avoir joué le moindre match. Viennent ensuite six mois anonymes en Belgique du côté du Standard Liège, une première pige en Hongrie, à Ujpest, puis quelques mois en deuxième division anglaise, à Charlton.

C'est un retour à Ujpest lors de la saison 2014-15 qui relance finalement l'ancien Canari. Grâce à la première saison pleine de sa carrière, Videoton le recrute fin août 2015. Si le club a changé de nom depuis, rebaptisé MOL Fehervar, il n'en a pas bougé, disputant 242 matchs avec, au passage, un titre de champion de Hongrie en 2018 et une Coupe en 2019. Impressionné par ses performances, le patron de la Fédération hongroise Sándor Csányi décide alors de tout faire pour naturaliser le Français afin qu'il rejoigne les rangs de la sélection hongroise.

Nul n'est prophète en son pays

S'il retiendra évidemment sa première cape internationale avec la sélection magyare le 8 novembre 2020 contre la Bulgarie, sa deuxième, quatre jours plus tard contre l'Islande, est autrement plus mémorable. Entré en jeu à la 84e minute alors que son équipe est virtuellement éliminée de l'Euro 2021 qu'elle accueille en partie, il égalise à un partout seulement quatre minutes plus tard. Après qu'il a embrassé l'écusson sur son maillot et redonné du coeur à son équipe, c'est Dominik Szoboszlai qui libère la Hongrie dans le temps additionnel.

"C'est tout un pays qui espérait cette qualification et qui était derrière nous. C'est une joie immense, des émotions indescriptibles que je ne pourrais jamais oublier", réagit-il dans les colonnes de Ouest-France le lendemain. Il en éprouvera d'autres devant un stade plein et entièrement acquis à sa cause ce 19 juin, face à des visages connus comme ceux d'Antoine Griezmann ou de Wissam Ben Yedder qui a lui aussi grandi à Garges-Lès-Gonesse (Val-d'Oise), à l'heure de boucler la boucle.

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