Euro 2021 : ce que l'on sait de l'accident d'ULM impliquant un militant de Greenpeace avant France-Allemagne

Un militant de l'ONG environnementale s'est posé en catastrophe mardi soir à bord d'un ULM sur la pelouse du stade de Munich, quelques minutes avant le début de la rencontre. Deux hommes ont été blessés et l'activiste a été interpellé.

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Un militant de Greenpeace manque de s'écraser dans une tribune de l'Allianz Arena, à Munich, avant la rencontre entre la France et l'Allemagne, durant l'Euro de football, le 15 juin 2021.

 (ALEXANDER HASSENSTEIN / AP / SIPA)

"On a frôlé le drame", estime Didier Deschamps. Un ULM a manqué de s'écraser dans une tribune de l'Allianz Arena, mardi 15 juin, à Munich, avant le coup d'envoi du match entre la France et l'Allemagne à l'Euro 2021. Voici ce que l'on sait de cet accident.

Que s'est-il passé ?

Un activiste de l'ONG écologiste Greenpeace, arrivé au-dessus du stade dans un ULM, a failli s'écraser en tribune après avoir heurté un câble juste avant le début du match, vers 21 heures.

Selon les images publiées par le journaliste allemand Max Merrill sur Twitter, le pilote a survolé la pelouse de l'Allianz Arena avec l'inscription "Kick out Oil" ("dehors le pétrole" en anglais) sur sa voile, avant d'être déséquilibré par un câble portant une caméra aérienne.

Il a difficilement rétabli les commandes avant de frôler une tribune et de se poser en catastrophe sur la pelouse de l'Allianz Arena.

Y a-t-il eu des blessés ?

"Pendant sa manœuvre d'approche, il a blessé deux hommes, selon les dernières informations. Les deux ont dû être pris en charge par les services d'urgence et ont été emmenés à l'hôpital", a détaillé mardi soir un porte-parole de la police de Munich, Werner Kraus. Ils "souffrent de blessures à la tête. Nous ne savons pas encore de quelle gravité. L'homme [qui pilotait l'ULM] ne semble pas être blessé". Un communiqué de la police munichoise (en allemand), publié mercredi, confirme que le militant n'a pas été blessé, et précise que les deux autres hommes n'ont pas eu besoin "de soins médicaux d'urgence".

Le sélectionneur français, Didier Deschamps, a confié en conférence de presse s'être fait une bosse sur la tête en voulant se mettre à l'abri sur le banc de touche au moment de l'irruption de l'ULM. "Au départ, je pensais que c'était quelque chose de prévu. Oui, on a frôlé le drame, ce n'est pas passé loin. Sur le banc avec Guy [Stéphan, son adjoint], on s'est réfugiés un peu", a-t-il commenté. "La vie peut basculer vite, il ne faut pas l'oublier", a ajouté le patron des Bleus.

Des poursuites judiciaires ont-elles été lancées ?

L'ULM a été saisi, tandis que le militant a été rapidement interpellé et placé en détention, selon la police. Cette dernière dit "envisag[er] plusieurs qualifications" en lien avec le code pénal et la loi sur le trafic aérien. Le communiqué de la police assure que les autorités ne feront pas preuve de "compréhension" envers "de tels actes irresponsables", compte tenu de la "mise en danger considérable de la vie humaine" causée.

"Les autorités judiciaires prendront les décisions qui s'imposent", a de son côté déclaré l'UEFA, qui a dénoncé un "acte inconsidéré, qui aurait pu avoir des conséquences très graves pour un grand nombre de personnes présentes". La fédération de football allemande a également condamné l'incident après le match : "Cette personne s'est mise elle-même en danger et en a blessé d'autres. De notre point de vue, c'est inacceptable (...) Les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves", a déclaré son porte-parole, Jens Grittner.

Que répond Greenpeace ?

L'ONG a expliqué sur Twitter avoir voulu protester contre le sponsoring de Volkswagen durant la compétition. "Arrêtez de vendre des voitures diesel et essence qui nuisent au climat", avait écrit l'association avant que les détails de l'accident ne soient connus. Le militant qui survolait le stade en parapente avait l'intention de lâcher un ballon gonflable portant un message en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique, qui devait se poser "doucement" sur la pelouse, a aussi assuré mercredi à franceinfo Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Après l'accident, l'ONG s'est excusée, toujours sur le réseau social (contenu en allemand). "Cette action n'a jamais eu l'intention de perturber le jeu ou de blesser des gens. Nous espérons que personne n'a été blessé sérieusement. Nos actions sont toujours pacifiques et non violentes. Hélas, tout ne s'est pas passé comme prévu", a écrit Greenpeace, qui ajoute être "désolée"

Néanmoins, l'association continuera de mener "ce genre d'actions spectaculaires pour sensibiliser l'opinion publique sur les questions environnementales et écologiques" puisque "c'est notre marque de fabrique", a prévenu Jean-François Julliard. "Mais on va les préparer le mieux possible et en s'assurant qu'il n'y a pas de risque."

Par ailleurs, l'UEFA a défendu mardi soir sa politique en matière d'environnement. L'organisation se dit "pleinement engagée pour faire de cet Euro un tournoi durable. De nombreuses initiatives ont été mises en place pour compenser les émissions carbonées" de la compétition, organisée pour la première fois sur tout le continent, dans onze villes de onze pays.

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