Enquête : la sécurité du président de la République

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Présenté parLaurent Delahousse

Diffusé le 20/10/2013Durée : 00h30

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L'anecdote fait encore frissonner la sécurité de l'Elysée. Au printemps, Valérie Trierweiler arrive au volant de sa voiture personnelle dans la cour. En quelques secondes, François Hollande descend les marches et s'installe sur le siège passager. La voiture démarre sous l'oeil incrédule des gardes républicains, le Président vient de s'échapper du palais présidentiel. Son service d'ordre mettra de longues minutes à le retrouver dans les rues de Paris.

Il n'a jamais été en insécurité a aucun moment, mais il a eu la liberté de partir sans nous informer.

Comment assurer la sécurité du Président tout en lui laissant un peu de liberté.

Normalement, le président ne doit jamais se retrouver sans officier de sécurité autour de lui.

Du général de Gaulle à François Hollande.

Le président de la République ne s'appartient plus.

Retour sur une des missions les plus sensibles de la République: protéger la vie du Président. La DS présidentielle perforée par les balles de l'OAS. En août 1962, le général de Gaulle vient d'échapper à un attentat à Clamart. La sécurité du Président est a un attentat a Clamart. La considérablement renforcée. Sous Pompidou puis Giscard, le dispositif est allégé. Ce dernier se permet même de conduire son propre véhicule sans garde du corps. La sécurité se resserre avec l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand.

J'ai posé des conditions, qu'il y ait une continuité dans la sécurité, pour le protéger. De jour comme de nuit! Et il a accepté.

En France, malgré tout, impossible d'imposer quoi que ce soit au Président, à la différence d'autres pays.

Aux États-Unis, le président est l'otage de ses officiers de sécurité.

François Mitterrand a un jour imposé une visite à Sarajevo assiégée. La venue d'une délégation française est jugée suicidaire par beaucoup. Mais la sécurité n'a pas réussi à dissuader le Président de s'y rendre. Il a fait une concession malgré tout: il porte un gilet pare-balles. Changement de ton avec Jacques Chirac. Il déteste dit-on la sécurité rapprochée. A Jérusalem, les gardes israéliens vont l'apprendre à leurs dépens.

Au nom de la sécurité, les policiers israéliens voulaient empêcher Chirac d'avoir un contact direct, et de donner l'image d'un président français populaire chez les Palestiniens, leur serrant la main. On a là un très bel exemple de ce qu'une protection rapprochée peut avoir comme dimension politique.

Mais c'est en plein coeur de Paris que Jacques Chirac subira une tentative d'assassinat. Deux coups de carabine tirés par un jeune extrémiste, arrête sur le champ. La protection du Président est aussitôt renforcée, comme sous Nicolas Sarkozy, ce qui ne l'empêchera pas de subir plusieurs tentatives d'agression. François Hollande, lui, voulait une présidence normale avec une sécurité discrète, il a fallu trouver un compromis.

On est tellement léger qu'il a souvent l'impression d'être seul mais il ne l'est jamais.

En juin dernier, François Hollande a pu évaluer la réactivité de son service d'ordre. Intervention éclair et musclée, venue rappeler qu'un chef de l'Etat peut difficilement se passer de la soixantaine de personnes qui assurent en permanence sa sécurité.

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