VIDEO. Municipales à Paris : Cédric Villani critique la campagne "à droite" de Benjamin Griveaux

La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait dit souhaiter que Cédric Villani se range derrière Benjamin Griveaux, le candidat officiel de LREM, "mieux placé", dans les sondages.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

"Nous sommes des profils différents, nous avons des projets et des stratégies qui sont différentes", assure lundi 20 janvier Cédric Villani, candidat dissident de la LREM pour les municipales de mars à Paris, alors que la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a souhaité qu'il se range derrière Benjamin Griveaux le candidat officiel de LREM, "mieux placé", dans les sondages.

"Je vois une campagne La République en marche officielle qui est passée de 21% d'intentions de vote en juillet à 15% maintenant, une campagne à droite et évidemment comme l'original est toujours préféré à la copie, perd des points au profit de Rachida Dati", assure Cédric Villani qui défend lui une démarche "dépassant les clivages".

Au lieu de dépasser les clivages, [Benjamin Griveaux] embauche, recrute, est là pour participer à un clivage droite-gauche et à des affrontements contre la maire sortante.

Cédric Villani

à franceinfo

Cédric Villani qui juge "encore envisageable aujourd'hui" la mise en place d'une "coalition climat dépassant les clivages" comme l'a proposée Yannick Jadot, député européen EELV et malgré le refus de Julien Bayou, le secrétaire national du parti. "Je veux être le premier maire écologiste de Paris, un écologiste s'appuyant sur les sciences et la rationalité". Cédric Villani rappelle enfin que le Parti radical de gauche a décidé de le rallier, "après 40 ans d'alliance avec les socialistes, car il se reconnaissait dans [son] projet".

"Je crois que l'exécution n'a pas été à la hauteur"

"Je ne regrette pas d'avoir présidé ce comité de soutien [d'Anne Hidalgo en 2012] parce que le projet était le bon, qui insistait sur l'économie, sur l'innovation, un projet dans lequel je me reconnaissais. Je crois que l'exécution n'a pas été à la hauteur", explique Cédric Villani.

On a vu une équipe qui a changé d'avis, qui a louvoyé sur bien des sujets, que ce soient les Jeux olympiques, la police municipale, l'exposition universelle, ou encore le dossier en ce moment de rénovation de la gare du Nord.

Cédric Villani

à franceinfo

"Pendant des années, poursuit le candidat, la municipalité accompagne le projet avec des équipes qui planchent dessus et puis, alors qu'on arrive à terme, la municipalité dit qu'il n'est pas du tout au niveau, qu'il faut le revoir de fond en comble. Est-ce que c'est une gestion sérieuse ? Je ne le crois pas."

Et le candidat dissident de LREM de passer en revue les principaux dossiers et notamment le problème du logement. "Si on prétend qu'on va résoudre tous les problèmes de Paris juste en travaillant dans le périmètre parisien, c'est juste un mensonge." Cette crise "dévitalise Paris, ça force les classes moyennes à quitter la capitale. La municipalité précédente n'a jamais mis sur le tapis le besoin de travailler sur le sujet au-delà de Paris, pas juste à l'échelle parisienne. Paris c'est 20 000 habitants au kilomètre carré, c'est plus dense que New Dehli, c'est plus dense que New York. En revanche, si on regarde ce qui se passe en couronne, tout de suite, la densité tombe on est à moins de 6 000 habitants au kilomètre carré en première couronne", rappelle le mathématicien.

Travailler avec la région, "capital"

"Travailler sur ce genre de sujet de concert avec la métropole, avec la région c'est capital. Le jour où les communes limitrophes de Paris seront reliées à Paris sur une communauté de projets, avec des transports qui seront mis à niveau, avec un encadrement scolaire, un encadrement médical, qui sera à niveau, ce ne sera plus un problème d'habiter dans ce Paris élargi.

Cédric Villani, sur franceinfo, lundi 20 janvier.
Cédric Villani, sur franceinfo, lundi 20 janvier. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)