VIDÉO. Élections européennes : "La vraie inquiétude concerne les listes électorales, il y aura certainement quelques tensions", selon l'AMF

Philippe Laurent, le maire de Sceaux et secrétaire général de l'Association des maires de France, évoque sur franceinfo mercredi 22 mai à l'organisation des bureaux de vote lors des élections européennes du dimanche 26 mai.

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"La vraie inquiétude concerne les listes électorales mais le tribunal d'instance le plus proche est compétent pour régler les litiges. Il y en aura certainement, mais j'espère qu'il y en aura le moins possible", indique mercredi 22 mai sur franceinfo Philippe Laurent, le maire de Sceaux et secrétaire général de l'Association des maires de France, à propos de l'organisation des bureaux de vote lors des élections européennes de ce dimanche 26 mai. Un répertoire électoral unique, géré par l'Insee, remplace pour la première fois les fichiers électoraux qui étaient tenus par les 35 000 communes. Mais ce n'est pas la seule difficulté.

franceinfo : Les maires avaient l'obligation d'installer les 34 panneaux électoraux. Beaucoup ont eu du mal à trouver des emplacements, mais un grand nombre de candidats n'ont pas collé leurs affiches...

Philippe Laurent : C'est un peu du gâchis mais ce sont les règles. Peut-être faudra-t-il changer les règles. D'ailleurs, il y a des projets assez avancés pour passer à une propagande électorale électronique, ça pose la question de la fracture numérique. Mais ces affiches ne sont pas tout à fait inutiles. Les gens s'arrêtent devant, même si c'est plus vrai pour les élections municipales. Là, on a des panneaux qui ont été achetés et qui sont vides, mais c'est ainsi et cela ne dure pas très longtemps.

Parmi les questions qui se posent, il y a celle des assesseurs présents dans les bureaux de votes, certaines communes redoutent de ne pas en avoir assez. Pourquoi a-t-on du mal à en trouver ?

Les élections européennes, d'abord cela ne mobilise pas beaucoup et en plus, cela tombe le jour de la fête des mères. Et puis, il y a aussi la baisse très forte du militantisme politique, voire de l'engagement citoyen qui se traduit par le fait que les gens ne souhaitent pas passer trois heures ou six heures au bureau de vote pour accompagner le président dans la tenue du bureau. Il faut au moins deux assesseurs et le président du bureau pour que le bureau puisse fonctionner, c'est la loi. Si jamais il n'y en a pas deux, les textes prévoient que le président réquisitionne l'électeur présent, le plus âgé du bureau, pour rester toute la journée. C'est déjà arrivé et ce n'est jamais très agréable.

Trente-quatre piles de bulletins à amener dans chaque bureau, est-ce que c'est compliqué ?

Pas tout à fait, parce que certaines listes n'ont pas envoyé de bulletins car elles demandent à leurs électeurs de les imprimer sur internet. Ce n'est pas spécialement compliqué, c'est une question de logistique. C'est surtout pour le dépouillement que cela risque d'être un peu plus compliqué et un peu plus long. La vraie inquiétude est sur les listes électorales.

La nouveauté cette année, c'est le répertoire électoral unique qui sert à établir les listes électorales et qui est en partie rempli par l'Insee. C'était pour simplifier les choses, mais là encore on entend des élus qui s'inquiètent. Faut-il s'attendre à des couacs dimanche ?

L'idée c'était de faire en sorte qu'il n'y ait pas de double inscription, de faire échec à la fraude électorale, volontaire ou non. Ce qu'il se passe, c'est que les gens viennent s'inscrire dans les communes qui transmettent les coordonnées à l'Insee et l'Insee établit ce répertoire unique. Ensuite, à la fin de la semaine, les communes vont télécharger ce qui les concerne auprès de ce répertoire. D'abord, concernant la compatibilité des logiciels entre ceux des communes et ceux de l'Insee, il peut y avoir des problèmes de typographies. Il peut y avoir des gens inscrits sur des listes consulaires à l'étranger et sur des listes en France. Il y aura certainement quelques tensions avec quelques électeurs qui ne trouveront pas leur compte parce qu'on ne les retrouve pas. Le tribunal d'instance le plus proche est compétent pour régler les litiges. Il y en aura certainement, mais j'espère qu'il y en aura le moins possible.

Philippe Laurent, le maire de Sceaux et secrétaire général de l\'Association des maires de France, sur franceinfo, mercredi 22 mai.
Philippe Laurent, le maire de Sceaux et secrétaire général de l'Association des maires de France, sur franceinfo, mercredi 22 mai. (FRANCEINFO)