Union européenne : après les élections, quels sont les cinq postes-clés en jeu et les candidats en lice ?

Cinq institutions de l'UE vont changer de tête d'ici le mois de décembre.

De gauche à droite : Donald Tusk, Federica Mogherini, Mario Draghi et Jean-Claude Juncker. (photo d\'illustration) 
De gauche à droite : Donald Tusk, Federica Mogherini, Mario Draghi et Jean-Claude Juncker. (photo d'illustration)  (JOHN THYS / AFP)

Place au grand mercato à la tête de l'Union européenne. Les tractations pour désigner les nouveaux dirigeants des institutions européennes ont commencé mardi 28 mai entre les chefs d'Etat et au Parlement européen, engagés dans une lutte de pouvoir à l'issue incertaine. "Games of Thrones va commencer pour désigner qui va obtenir telle fonction", avait commenté dès dimanche soir un des prétendants à la présidence de la Commission européenne, le Néerlandais Frans Timmermans, chef de file des socialistes. Au total, cinq institutions de l'UE vont changer de tête au cours des prochains mois : le Parlement début juillet, la Commission, le Haut Représentant pour la diplomatie et la Banque centrale européenne en novembre, et enfin le Conseil européen début décembre. Franceinfo fait le point sur ces postes-clés qui sont amenés à être renouvelés.

La présidence de la Commission européenne 

De quoi s'agit-il ? C'est le poste le plus important à pourvoir : la tête de l'exécutif européen. Son rôle est de mettre en œuvre les politiques décidées par le Conseil européen et de les faire voter au Parlement. C'est au Conseil européen de trouver un consensus sur le successeur ou la successeure de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, mais cela sera au Parlement d'avaliser ce choix. Le futur président de la Commission devra ensuite constituer son équipe, dont chacun des membres devra être auditionné par le Parlement européen, avec le risque d'être rejeté.

Qui est en lice ? L'Allemand Manfred Weber (PPE), le Néerlandais Frans Timmermans (PSE) et la Danoise Margrethe Vestager (ALDE) sont les chefs de file des trois grands groupes du nouveau Parlement issu des élections européennes et, au titre du principe du "Spitzenkandidat", ils briguent la présidence du nouvel exécutif bruxellois. Le Français Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit, pourrait également servir de recours.

>> Qui sont les candidats au poste de président de la Commission ?

La présidence du Parlement européen 

De quoi s'agit-il ? Le premier poste pourvu sera celui de président du Parlement européen. Celui-ci est chargé de veiller au respect des procédures parlementaires, de superviser les activités et commissions du Parlement, et donne son consentement final au budget de l'UE. Le vote pour remplacer l'Italien Antonio Tajani sera organisé lors de la session inaugurale de la nouvelle assemblée, début juillet. Le nouveau président devra être élu à la majorité absolue des députés européens et disposera d'un mandat de deux ans et demi qui pourra être renouvellé. Les jeux seront très ouverts et les alliances déterminantes.

Qui est en lice ? Si Manfred Weber, le chef de file du PPE – le plus gros parti au Parlement –, n'obtient pas la présidence de la Commission européenne pour laquelle il s'est porté candidat, il pourrait prétendre à la tête du Parlement européen. Le libéral Guy Verhofstadt, qui s'était déjà porté candidat à la présidence de l'hémicycle strasbourgeois en 2017, serait lui aussi dans les "starting blocks", avance Le Journal du dimanche

La présidence du Conseil européen 

De quoi s'agit-il ? Le prochain président du Conseil sera élu par les 28 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE fin juin, lors d'un sommet organisé les 20 et 21 juin. Il prendra ses fonctions en novembre. Son rôle est de définir les grandes orientations politiques de l'UE. 

Qui est en lice ? Ne courent pour l'instant que des spéculations quant au successeur du Polonais Donald Tusk. Néanmoins, le nom de la chancelière allemande Angela Merkel circule beaucoup. Sont également cités le Premier ministre néerlandais Mark Rutte et la présidente lituanienne Dalia Grybauskaitė, comme le souligne Arte.

La présidence de la Banque centrale européenne

De quoi s'agit-il ? Le prochain patron de la BCE, qui doit mettre en œuvre la politique monétaire de la zone euro, sera choisi par les chefs d'Etat et gouvernements de la zone euro sur recommandation de leurs ministres des finances. Ceux-ci ne sont pas encore exprimés sur leurs poulains.

Qui est en lice ? Parmi les successeurs potentiels de l'Italien Mario Draghi figure l'Allemand Jens Weidmann, le patron de la Bundesbank et ancien conseiller de la chancelière Angela Merkel. Ce dernier ne s'est toutefois pas fait que des amis en critiquant ouvertement le programme de rachat de dettes de la BCE, remettant en cause l'unité de la banque centrale.

La tête du ministère européen des Affaires étrangères

De quoi s'agit-il ? Le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la sécurité, chargé de la politique étrangère de l'Union, sera nommé pour un mandat de cinq ans par les chefs d'Etat et de gouvernement, avec l'approbation du président de la Commission. 

Qui est en lice ? "Le poste de haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune suscite assez peu la convoitise, car ses responsabilités effectives sont très limitées", commente Jean-Dominique Giuliani, président de la ­Fondation Robert Schuman, dans Le Journal du dimanche, qui indique par ailleurs que le chef de la diplomatie espagnole Josep Borrel et Frans Timmermans, également candidat à la présidence de la Commission, sont pressentis.