Témoignages Législatives 2024 : "S'ils avaient connu ces époques, ils se tiendraient un peu mieux", s'inquiètent ces résistants de la Seconde Guerre mondiale

Article rédigé par Alain Gastal
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Les anciens résistants inquiets de la situation politique en France à l'approche des élections législatives anticipées (MAXPPP)
Les anciens résistants sont tracassés par les élections législatives anticipées. Ils ne savent plus à qui donner leur vote et déplorent que "les extrêmes" aient des chances d'accéder au pouvoir en France. Témoignages.

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lançait, depuis Londres, son célèbre appel à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi. De gauche à droite de l'échiquier politique, ceux qui ont connu la libération de la France des nazis par les alliés pendant la Seconde Guerre mondiale, s'inquiètent de la situation politique française.

Raymond Renaud n'a pas entendu l'appel du 18 juin : sa famille n'avait pas la TSF en 1940. Il n'a appris que six mois plus tard l'existence du général de Gaulle... Ce qui ne l'a pas empêché de résister à sa façon. Membre des jeunesses communistes il y a 80 ans, il a été arrêté et livré à la Gestapo avant d'être déporté à Buchenwald, un camp de concentration nazi. "On dénonçait surtout la collaboration de Pétain", raconte-t-il du haut de ses 101 ans.

"Un jour, tout le monde va se réveiller"

Huit décennies après son retour des camps, les temps ont changé, mais le rescapé voit malgré tout des points communs à tous les discours d'extrême droite. Des discours "qui portent principalement sur la haine et sur le rejet d'une certaine partie de la population, explique Raymond Renaud. À cette époque-là, ils condamnaient les juifs et les communistes parce qu'ils n'avaient pas d'Arabe sous la main", ironise l'ancien résistant.

Jacqueline Fleury, qui a fait partie de plusieurs réseaux de résistance avant d'être déportée à Ravensbrück, ne comprend pas la dissolution de l'Assemblée nationale : "Mettre les députés à la porte et organiser en toute vitesse des élections, ça me semble complètement aberrant", critique la centenaire, qui voit dans nos hommes politiques d'aujourd'hui des élus "qui regardent leur nombril" et pour qui "la France ne compte pas".

"Je suis désemparé, je ne sais même plus comment il faut voter"

Daniel Huilier, un des combattants du maquis du Vercors en juillet 1944

à franceinfo

Daniel Huilier, un des combattants du maquis du Vercors en juillet 1944, se dit inquiet du climat politique français à l'approche des élections législatives anticipées. À tout juste 16 ans, il a "perdu deux oncles, un déporté et l'autre assassiné, la veille de la Libération, à Grenoble, devant moi".

Des événements traumatisants qui l'amènent à s'indigner des querelles politiques actuelles : "S'ils avaient connu ces époques, ils se tiendraient un peu mieux, tous" s'agace-t-il. "Ils sont tous extrémistes, que ce soit la gauche où la droite. Ça ne va pas ça. Je suis un gaulliste de toujours, je ne souhaite pas que l'extrême droite ou l'extrême gauche arrive au pouvoir" s'étrangle-t-il.

Un dilemme compliqué pour l'ancien combattant : "Soutenir Macron, alors que ce n'est pas ma tasse de thé, c'est encore peut-être ce qu'il y a de meilleur…" Pour autant, Daniel Huilier "ne désespère pas" et pense "qu'un jour, tout le monde va se réveiller. Je l'espère pour mon pays" conclut-il.

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