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Régionales : quand la campagne électorale se poursuit devant les tribunaux

"Diffamation", "injures aggravées" ou "détournement des donnés publiques"… Tout au long de la campagne, les candidats aux régionales se sont accusés de tous les maux. Ils ont même porté plainte.

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France Télévisions
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Claude Bartolone, Valérie Pécresse et Wallerand de Saint-Just, le 9 décembre 2015, lors d'un débat télévisé sur i-Télé. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

De la plainte pour "diffamation" à celle pour "injure aggravée", ils ne se sont pas faits de cadeaux. Tout au long de la campagne, les principales têtes de liste aux élections régionales se sont livrées à un véritable ping-pong de procédures judiciaires. Francetv info revient sur quelques-unes plus marquantes.

Marion Maréchal-Le Pen attaque Christian Estrosi 

Le 31 août, la députée du Vaucluse et tête de liste Front national en Provence-Alpes-Côte d'Azur, Marion Maréchal-Le Pen, annonce qu'elle porte plainte en diffamation contre son rival des Républicains, Christian Estrosi. "Cela fait des semaines, dit-elle, que Christian Estrosi raconte n’importe quoi sur mes déclarations, sur le Front national, sur mes colistiers, ou à mon encontre."

Le député-maire de Nice (Alpes-Maritimes) avait notamment soutenu que de Jean-Marie, Marine et Marion, la benjamine des Le Pen était "la plus dangereuse des trois" et la plus "extrême", ajoutant qu'elle aurait même considéré, dans un discours à Carpentras (Vaucluse), "les protestants comme ayant été complices des occupants nazis".

Claude Bartolone porte plainte contre Valérie Pécresse

Le 1er octobre, le candidat socialiste en Ile-de-France, Claude Bartolone, décide de porter plainte contre Valérie Pécresse, candidate d'union de la droite et du centre, pour "pratiques électorales frauduleuses". Le président de l'Assemblée nationale accuse sa concurrente d'avoir fait appel à la mairie de Lizy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne) pour distribuer des tracts en son nom.

Dans un billet publié sur son blog, le député de la Seine-Saint-Denis accuse Valérie Pécresse de se permettre "le pire des manquements au respect de la démocratie, le pire des mélanges des genres, à savoir l'utilisation de fonctionnaires du service public à des fins de propagande électorale". L'entourage de l'ancienne ministre évoque alors une "incompréhensible erreur d'aiguillage".

Claude Bartolone poursuit des soutiens de Pécresse

Le 25 octobre, un nouvel épisode oppose Claude Bartolone et Valérie Pécresse. Après une interview du socialiste sur Radio J, l'entourage de la candidate des Républicains accuse le président de l'Assemblée d'avoir déclaré qu'il avait Tariq Ramadan pour "boussole".

L'équipe de campagne de Claude Bartolone dénonce des propos déformés, s'insurge de "cette recherche permanente de la polémique stérile" et réplique en portant plainte pour diffamation.

Virginie Calmels attaque Jacques Colombier

Le 24 novembre, Virginie Calmels, candidate des Républicains et de l'UDI dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, attaque en justice son rival frontiste, Jacques Colombier. La raison ? Le candidat du Front national a détourné, dans un document de campagne, le programme de l'adjointe d'Alain Juppé, affirmant qu'elle prévoyait d'ériger une mosquée de "21 000 m2, pour la somme de 22 millions d’euros financés par le contribuable bordelais".

L'adjointe d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux a en effet prévu la construction d'un lieu de culte musulman : "Il est toujours question d’un lieu de culte pour les musulmans à Bordeaux, mais évidemment pas de cette taille", précise-t-elle pour justifier sa plainte.

Emmanuelle Cosse porte plainte contre de Saint-Just

Le 2 décembre, la tête de liste d'Europe Ecologie-Les Verts en Ile-de-France, Emmanuelle Cosse, dépose une plainte pour diffamation contre son adversaire, candidat du Front national, Wallerand de Saint-Just.

En cause : un tweet publié par le frontiste le 21 novembre, dans lequel il dénonce la soi-disant "responsabilité directe" de l'écologiste, mais aussi celle du socialiste Claude Bartolone, "à l'égard des victimes des attentats de Paris".

Des propos que la tête de liste Front national en Ile-de-France n'a pas hésité à réitérer le lendemain, en meeting dans le Val-d'Oise, signalant un "laxisme institutionnalisé depuis des décennies" de la part de la majorité.

Queyranne porte plainte contre X (mais vise Wauquiez)

Le 4 décembre, à deux jours du premier tour, Jean-Jack Queyranne, candidat socialiste en Auvergne-Rhône Alpes, dépose une plainte contre X pour "détournement de données publiques". Une plainte qui cible en fait la tête de liste de la droite et du centre, Laurent Wauquiez. "Beaucoup de nos concitoyens se sont émus de recevoir, sur leurs adresses professionnelles ou personnelles, des messages de propagande électorale de Laurent Wauquiez", explique le directeur de campagne de Jean-Jack Queyranne.

De son côté, les proches de Laurent Wauquiez dénoncent l'attitude du candidat socialiste : "En chute libre dans les sondages et de plus en plus désavoué et esseulé, il perd son sang-froid et se livre à une campagne de caniveau."

Valérie Pécresse rend la politesse à Claude Bartolone

Mercredi 9 décembre, nouvel épisode dans la guerre entre Bartolone et Pécresse en Ile-de-France. Lors d'un meeting, le premier reprend l'expression polémique de Nadine Morano, accusant Valérie Pécresse et la droite de faire "cette insupportable danse du ventre aux électeurs du FN, à grand coup de race blanche".

Dénonçant des propos "abjects", Valérie Pécresse réplique en annonçant une plainte pour "injure aggravée", affirmant que celui qui "a osé traiter une gaulliste sociale de raciste (...) ne peut pas être président de cette région".

Bartolone "n'enlève aucun des mots" contre Pécresse

Claude Bartolone attaque (encore) un soutien de Pécresse

Dès le lendemain, Claude Bartolone contre-attaque. Le candidat socialiste poursuit cette fois le maire de Juvisy-sur-Orge (Essonne), Robin Reda, après que ce soutien de Valérie Pécresse a affirmé dans un tract que Claude Bartolone est "la parfaite incarnation des élus mafieux"

La tête de liste de l'union de la gauche en Ile-de-France promet alors de porter plainte contre l'édile à l'origine de ce tract, publié à 6 000 exemplaires.

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