Régionales : "Le RN dédiabolisé ne fait pas mieux que le RN diabolisé", estime un politologue

Le Rassemblement national misait sur les élections régionales mais le parti de Marine Le Pen n'a remporté aucune région et a vu finalement son score diminuer par rapport à 2015.

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Radio France
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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national après les résultats des élections régionales, à Nanterre le 27 juin 2021 (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"Le RN dédiabolisé ne fait pas mieux que le RN diabolisé", note lundi 28 juin sur franceinfo Gilles Ivaldi, politologue et chercheur au Cevipof, alors que le Rassemblement national n'a remporté aucune région au second tour des élections régionales.

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Par rapport à 2015, le parti de Marine le Pen a vu son score diminuer dans quasiment toutes les régions françaises. Cependant, pour Gilles Ivaldi, "ces élections se sont surtout jouées sur des aspects très régionaux, très locaux. il ne faut pas extrapoler pour la présidentielle, même si on voit surgir de nouvelles questions".

franceinfo : Pour le Rassemblement national, la défaite en Paca, c'est une secousse ?

Gilles Ivaldi : C'est un revers incontestable. Au soir du second tour, le RN ne gagne aucune région. Le parti recule même dans toutes les régions, avec des scores très en retrait par rapport au précédent scrutin de 2015.

"L'échec en Provence-Alpes-Côte d'Azur achève de donner un message très négatif pour le RN. Mais politiquement, le parti n'est pas mort, clairement."

Gilles Ivaldi

sur franceinfo

Certes, Marine Le Pen n'a pas réussi à nationaliser le scrutin, ce qui était un peu son objectif, mais il faut rappeler que ces élections se sont surtout jouées sur des aspects très régionaux, très locaux. Et avec une très forte abstention. Donc, il ne faut pas extrapoler pour la présidentielle, même si on voit surgir de nouvelles questions.

Est-ce que le RN paye sa stratégie d'avoir désigné, parmi ses têtes de listes, d'anciens transfuges de la droite, comme Thierry Mariani ou encore Sébastien Chenu ?

C'est la stratégie de dédiabolisation. Faire venir des élites et des cadres de la droite traditionnelle, comme Thierry Mariani en Paca ou Sébastien Chenu dans les Hauts-de-France. Dans ces régions, cette stratégie a échoué. Finalement, le RN dédiabolisé ne fait pas mieux que le RN diabolisé. En Paca, par exemple, ce qui est intéressant, c'est que Thierry Mariani était vraiment le grand espoir du parti pour ces élections. Et il a fait plutôt moins bien que Marion Maréchal qui incarnait, il y a six ans, le canal historique du FN. Donc, on voit bien que cette stratégie n'a pas fonctionné. Comme, d'ailleurs, le renouvellement générationnel. Si on prend Jordan Bardella en Île-de-France, on voit que cette star montante du RN échoue aussi.

Le Rassemblement national est-il trop entré dans le système pour recueillir les votes de colère ?

Ce parti est confronté à une équation extrêmement complexe entre radicalité et respectabilité. Au fond, depuis toujours et même depuis Jean-Marie Le Pen, le RN a toujours tenté de trouver l'équilibre entre le fait d'être radical pour mobiliser suffisamment la colère et le fait d'être plus crédible. Dans ces régionales, on voit poindre ces enjeux auxquels Marine Le Pen va être confrontée à la présidentielle de 2022. Comment va-t-elle résoudre cette équation entre radicalité et crédibilité ? C'est une vraie question pour elle.

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