Régionales en Paca : "amis malfaisants", "balle dans la tête de la droite"... Les Républicains discutent du cas Muselier lors d'une réunion animée

Une réunion du comité stratégique du parti s'est tenue mardi à Paris, après l'annonce d'un accord en Provence-Alpes-Côte d'Azur entre La République en marche et le président LR de région sortant, Renaud Muselier.

Article rédigé par
Guillaume Daret et Julien Nény avec - franceinfo
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, le 4 mai 2021 à Paris. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

La journée a débuté par un quiproquo. En arrivant mardi 4 mai devant le siège des Républicains pour une réunion du comité stratégique, le président du parti, Christian Jacob, annonce aux journalistes présents que Renaud Muselier, attendu de pied ferme pour s'expliquer sur son alliance avec La République en marche aux régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), ne viendra pas. L'intéressé débarque pourtant cinq minutes plus tard, sous les regards amusés de la presse.

Une anecdote qui rappelle que les deux hommes ne se comprennent plus. D'un côté, Renaud Muselier, président de la région Paca, désireux de s'allier avec le parti présidentiel pour sauver son siège en juin face à la menace du Rassemblement national. De l'autre, Christian Jacob et une grande partie des Républicains, qui voient dans cette alliance locale une menace existentielle pour le parti. "Macron veut nous dissoudre, il ne veut plus rien entre Marine Le Pen et lui", confiait un cadre du parti à France 2.

L'élection présidentielle, le vrai problème ?

Ces deux lignes se sont affrontées mardi lors de la réunion stratégique, selon les informations du service politique de France Télévisions. "Si on est dans cette merde, Christian, c'est parce qu'on n'a pas de candidat pour 2022", tacle Renaud Muselier. Il demande que son parti, qui lui a retiré l'investiture dimanche, ne présente pas de liste contre lui dans la région.

Mais le président provençal semble bien seul autour de la table. "Tu ne peux pas être celui qui met une balle dans la tête de la droite", riposte François Baroin, maire de Troyes.

Un autre membre du comité stratégique le met en garde contre ses "amis malfaisants comme [Christian] Estrosi", le maire de Nice qui a affiché sa volonté de se rapprocher de la majorité présidentielle. Ils "ont un plan de carrière pour l'avenir mais ils sont en train de t'ôter ton plan d'aujourd'hui", déclare l'élu Paca à Renaud Muselier.

"Il n’y a pas et il n’y aura pas d’accord"

Le comité stratégique de LR se termine par un ultimatum adressé par ses membres à Renaud Muselier : "C'est soit nous, soit LREM". "Je suis un homme libre (...) je n'ai jamais trahi", déclare l'intéressé à sa sortie, selon l'AFP. 

Dans un communiqué rendu public mardi après-midi, Renaud Muselier assure qu'"il n’y a pas et il n’y aura pas d’accord à quelque niveau que ce soit avec En Marche". Il se dit toutefois "sensible à tous les soutiens", notamment celui de Jean Castex. "Je conduirai donc une équipe dont la colonne vertébrale sera naturellement Les Républicains. Cette équipe sera fidèle à la majorité régionale plurielle avec nos alliés naturels et des personnalités de la société civile."

Cette réponse sera-t-elle jugée satisfaisante chez les Républicains ? La commission nationale d'investiture doit se réunir à 18h30 pour trancher. Après leur rencontre, Christian Jacob voulait croire que Renaud Muselier avait "entendu le message de ses vrais amis politiques". "Je suis convaincu qu'on va résister à cette déstabilisation", a-t-il affirmé, en écartant une exclusion de Muselier et en dénonçant une "manœuvre politicienne d'En marche". 

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