Face au FN, "la République est en danger", alerte le Grand Orient de France

Le grand maître de la plus grande loge maçonnique estime qu'"on est en train de dérouler le tapis rouge au Front national".

Le grand maître du Grand Orient de France, Daniel Keller, en août 2014 à Reims.
Le grand maître du Grand Orient de France, Daniel Keller, en août 2014 à Reims. (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

Le grand maître du Grand Orient de France tire la sonnette d'alarme contre la progression du Front national. "On est en train de dérouler le tapis rouge au Front national", déplore Daniel Keller dans une interview au JDD, dimanche 25 octobre. Ce qui paraissait impossible devient chaque jour un peu plus vraisemblable s'agissant de la présidentielle de 2017

Réélu en août, pour la troisième et dernière fois, grand maître de la première obédience maçonnique, il met en garde : "La République reste un combat. Ce n'est pas un régime acquis définitivement. Si tout le monde baisse les bras, je le dis : la République est en danger."

"Eviter au maximum les triangulaires"

Dénonçant tour à tour "les ressorts politiques au fondement du FN" que sont "la désignation de boucs émissaires, la tentation populiste et la dénonciation de la classe politique dans sa globalité sur le thème du 'tous pourris !'", Daniel Keller invite le PS et Les Républicains à se désister en cas de triangulaire lors des élections régionales.

"En ce qui concerne les élections à venir, le désistement républicain est, selon moi, le minimum à faire. Il faut éviter au maximum des triangulaires au second tour des régionales", énonce-t-il. "Le désistement, ce n'est pas une magouille. C'est accepter de sacrifier ses propres couleurs pour l'intérêt général", fait-il valoir.

"Ça s'appelle jouer sur les peurs", répond Philippot

"Ca s'appelle jouer sur les peurs, ça s'appelle refuser le débat de fond, refuser le débat d'idées, c'est en fait refuser la démocratie d'essayer de terroriser les gens", répond Florian Philippot. "Mais ça ne fonctionne plus, parce que les gens n'y croient plus", a déclaré le vice-président du FN sur France Inter.

"Ces gens-là ne se sentent pas ridicules, au bout d'un moment?", réagit-il. "'La République est en danger', écoutez, ils nous ont fait le même coup aux municipales en 2014 en nous expliquant que si le Front national remportait des villes, la République était en danger, que ces villes allaient être noyées sous les sauterelles et que le soleil allait s'arrêter de briller. Tout cela évidemment était faux."