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Dans une tribune, Duflot fustige la critique de l'Allemagne signée Mélenchon

L'écologiste a publié une tribune dans Libération dans laquelle elle s'adresse en des termes virulents au co-président du Parti de gauche. 

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France Télévisions
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Cécile Duflot, alors ministre du Logement, à Cergy-Pontoise (Val-d'Oise) le 24 janvier 2014. (THOMAS SAMSON / AFP)

Avant même d'avoir commencé, l'"idylle de circonstance" entre Jean-Luc Mélenchon et les écologistes s'achève. Dans une tribune à paraître mercredi 20 mai dans Libération, l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot reproche à Jean-Luc Mélenchon de se "tromper lourdement" en s'en prenant à l'Allemagne dans son dernier livre intitulé Le Hareng de Bismarck (Le poison allemand), sorti le 7 mai. Un "pamphlet", selon l'écologiste qui scelle les désaccords entre les deux familles politiques, un temps pressenti pour se rapprocher dans l'optique des élections régionales à venir.

Dans cet ouvrage, le co-fondateur du Parti de gauche fustige le modèle économique et social allemand. Sous la forme d'une lettre adressée au leader du Parti de gauche qu'elle appelle "cher Jean-Luc", la députée Europe Ecologie-Les Verts (EELV) lui répond, lui reprochant un ton "revanchard". "Tes harengs, Jean-Luc, me restent en travers de la gorge", lance-t-elle.

Sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon n'a pas manqué de réagir.

Une conception "étroite" de la nation française

Selon le diagnostique de Cécile Duflot, "la première erreur [de Jean-Luc Mélenchon] est psychologique : l'invective n'est pas le meilleur moyen de se faire entendre d'un peuple", explique-t-elle. La deuxième erreur "est de nature politique. Affairé à ta démonstration, tu sembles méconnaître soudain la complexité allemande. Enfin, tu sembles donner un poids démesuré au passé dans la construction de l'avenir. L'Allemagne n'est pas notre ennemie. Elle ne l'est plus", continue la députée.

"L'Europe doit être réorientée au bénéfice des peuples et non des marchés. Rien ne doit nous divertir de cette tâche", écrit Cécile Duflot. "Aussi, quand nous faisions tribune commune pour soutenir Syriza, notre slogan de ralliement était une 'autre Europe est possible', et pas 'à bas l'Allemagne!'", rappelle l'ancienne ministre, qui s'était affichée au côté de Jean-Luc Mélenchon, lors d'un meeting de soutien au parti grec.

Cécile Duflot soupçonne dans ses propos "une stratégie de conquête des coeurs". "En mettant ta critique de l'Allemagne au diapason de la nostalgie identitaire, tu penses peut-être de bonne foi détourner la colère populaire des sirènes national-populistes. Il n'en sera rien", estime-t-elle. Avant de déplorer une "conception de la nation française (...) trop étroite, trop corsetée dans une vision hexagonale sépia."

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