Que pourrait-il se passer au sommet de l'État au lendemain du second tour des législatives ?

En fonction des résultats du scrutin, plusieurs options sont possibles autour du couple exécutif. Franceinfo vous explique.
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Le RN et ses alliés sont en capacité de récolter entre 175 et 205 sièges à l'Assemblée nationale selon un sondage Ipsos-Talan, loin de la majorité absolue fixée à 289 sièges. (AMAURY CORNU / HANS LUCAS via AFP)

Sans faire de politique fiction, plusieurs scénarios sont bel et bien envisageables concernant la forme que pourrait prendre l'exercice du pouvoir au lendemain des résultats des législatives.

Que se passe-t-il si le RN a la majorité absolue ?

Ce n'est pas la dynamique des sondages, mais cela reste un scénario possible et surtout le plus simple à mettre en œuvre. En cas de majorité absolue pour le RN, Jordan Bardella serait nommé Premier ministre, chargé de former un nouveau gouvernement. À ceci près que l'article 8 de la Constitution n'impose aucun délai pour sa nomination. Emmanuel Macron fait ce qu'il veut, du moins dans l'immédiat, même si temporiser serait mal venu dans un scénario où la donne politique est très claire. De la même manière, difficile d'imaginer Gabriel Attal, l'actuel chef du gouvernement faire de la rétention et ne pas démissionner dès dimanche comme le veut la tradition. Il s'agirait d'acter une défaite politique et le fait qu'il n'a donc plus de majorité.

Que se passe-t-il en cas de majorité relative ?

Le risque ici est celui d'avoir une Assemblée ingouvernable, et dans ce cas-là, Jordan Bardella a déjà prévenu : il refusera Matignon. "Refus d'obstacle", se moque déjà Gabriel Attal. Quoi qu'il arrive, le Premier ministre s'est dit prêt vendredi 5 juillet à assurer la continuité de l'État aussi longtemps que nécessaire. "Il a toujours été au rendez-vous de ses responsabilités", justifie son entourage. Même si le chef du gouvernement démissionnait dimanche, Emmanuel Macron peut tout à fait le charger d'expédier les affaires courantes, notamment dans l'optique des Jeux Olympiques. Avec le président, cette période de latence peut durer longtemps. En 2022, Jean Castex avait attendu près d'un mois avant l'arrivée d'Élisabeth Borne.

Il existe deux portes de sortie possibles dans ce scénario d'une majorité relative. D'abord l'option d'un gouvernement de coalition. Mais avec qui ? Marine Tondelier, Xavier Bertrand… ? Et surtout à quel prix ? Au prix de quelles alliances et de quel programme ? La deuxième option consiste à former un gouvernement de techniciens, d'économistes et de hauts fonctionnaires. À condition toutefois que la nouvelle Assemblée ne le renverse pas à la première occasion.

Que se passe-t-il pour Emmanuel Macron ?

Emmanuel Macron voulait une clarification, pas sûr qu'il l'obtienne. Le chef de l'État n'a, sur le principe, pas prévu de s'exprimer dimanche. Tout dépendra des résultats, mais ce sera très probablement Gabriel Attal, comme dimanche dernier au soir du 1er tour. Cependant Emmanuel Macron va être contraint et forcé de vite tirer les conclusions de cette élection. Avant mardi soir, où il sera attendu à Washington aux États-Unis, pour le sommet de l'OTAN.

"Il est radioactif", cingle un député sortant qui boucle sa campagne sans avoir mis le visage du président sur ses affiches, à l'image de son camp qui a d'abord contesté sa décision de dissoudre, puis s'est ostensiblement détaché de son autorité. Au risque de donner l'impression qu'Emmanuel Macron est désormais isolé, au milieu des Darmanin, Attal, Philippe qui aiguisent leurs couteaux pour 2027. Alors en guise d'ultime recours, Emmanuel Macron pourrait-il démissionner ? Son entourage est formel : non, "c'est une fake news de plus".

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