Retraites : "Nous ne devons pas abandonner l'idée d'un régime universel", estime Richard Ferrand

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Le président de l'Assemblée nationale a donné plus de détails sur la réforme des retraites qu'Emmanuel Macron veut intégrer à son programme présidentiel.

"Nous ne devons pas abandonner l'idée d'un régime universel. Simplement, il ne faudra le faire que pour les nouveaux entrants sur le marché du travail", a estimé Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, alors qu'Emmanuel Macron va inscrire dans son programme la retraite à 65 ans.

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Invité ce jeudi sur franceinfo, l'élu RELM a appelé au "dialogue social" sur cette question, une "perspective pertinente" selon lui. "Nous voulons faire avec les Français", a-t-il poursuivi, alors que la réforme contestée des retraites voulue par Emmanuel Macron autour d'un régime unique par point avait été suspendue en novembre 2021.

"Nous avions essayé de faire un système de retraite qui était plus juste mais dont beaucoup se sont accordés à estimer qu'il était trop compliqué, peu lisible, j'ai même entendu parler d'usine à gaz. Ce n'était pas faux et cela a créé un trouble général où personne ne voyait clair", a reconnu le président de l'Assemblée nationale. "Nous tirons les conséquences de ce que nous avons vécu et des discussions que nous avons eues ces dernières années", a assuré Richard Ferrand. Toutefois, le "premier enjeu" reste le même pour le représentant de la majorité : "Il nous faut collectivement travailler plus pour produire plus de richesses afin de financer notre modèle social, notre éducation, notre système de santé, nos armées".

Un passage à 65 ans "progressivement"

Sur la décision du chef de l'État d'inclure dans son programme de campagne un report progressif du départ à la retraite à 65 ans, au lieu de 62 ans actuellement, Richard Ferrand a insisté sur le fait que cela "va se faire progressivement". "On arrivera au 65 ans en 2032", a-t-il ajouté. Cette progressivité doit permettre, selon lui, dès l'âge de 40 ans, "d'investir dans les formations et de faire en sorte qu'on soit en capacité physique, intellectuelle de se réorienter et d'embrasser d'autres tâches" dans sa "deuxième partie de carrière".

Mais pour Richard Ferrand "ce n'est pas seulement le sujet de l'âge légal de départ à la retraite". Il a ainsi estimé qu'il "faudra supprimer les principaux régimes spéciaux", "au titre de l'universalité", comme souhaité par Emmanuel Macron. "On veut qu'un euro cotisé rapporte la même chose à la retraite à tous les cotisants et ce n'est pas le cas aujourd'hui", a-t-il ajouté.

"Il faudra aussi veiller à ce que les retraites complètes soient à minima à hauteur de 1 100 euros."

Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale

à franceinfo

"Il faut comprendre que nous voulons financer les retraites, le modèle social, et faire des progrès sociaux collectifs sans hausse d'impôt", a-t-il résumé, "mais pour faire tout ça c'est l'âge de départ qui doit permettre d'équilibrer l'ensemble de ce système".

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