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Présidentielle : ces communes où des piles de bulletins blancs ont provoqué l'annulation du scrutin

Le Conseil constitutionnel a décidé de retoquer les votes de cinq communes car des bulletins blancs étaient proposés aux électeurs en plus de ceux aux noms de Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

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France Télévisions
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Une urne dans un bureau de vote du 20e arrondissement de Paris, le 7 mai 2017. (DENIS MEYER / HANS LUCAS)

Pas de chance pour les électeurs de La Chapelle-sur-Usson (Puy-de-Dôme), Maconcourt (Vosges), Millas (Pyrénées-Orientales), Montbel (Ariège) et Vaudreville (Manche). Ils se sont déplacés pour rien dimanche 7 mai, puisque leur vote n'a pas été pris en compte lors du second tour de l'élection présidentielle. Leur point commun : ils avaient tous une pile de bulletins "blancs" à disposition, en plus des feuilles habituelles au nom des deux finalistes. Une pile illégale, car "la présence de documents autres que les bulletins de vote des candidats constitue une irrégularité de nature à influencer les électeurs et à porter atteinte à la sincérité du scrutin", rappelle le Conseil constitutionnel. Franceinfo a contacté les communes en question.

"Je veux que le vote blanc soit reconnu"

Visiblement, l'initiative n'a pas plu à tout le monde. Luc Grall, 38 ans, habitant de Montbel dans l'Ariège, revendique son geste mais explique qu'il ne savait pas que son geste entraînerait l'annulation du scrutin. "Ça me navre, c'était un geste citoyen que j'assume car je veux que le vote blanc soit reconnu. [...] Mais je me retrouve à avoir volé les votes des habitants." Un cas similaire à celui de Millas, dans les Pyrénées-Orientales, rapporté par France Bleu Roussillon. 

Conseiller municipal de cette petite commune d'une centaine d'habitants, il a démissionné très rapidement après avoir appris la décision du Conseil constitutionnel. "Nous nous sommes réunis avec le maire et les autres employés municipaux et j'ai senti qu'il y avait une tension. J'ai démissionné car je ne voulais pas que le Conseil municipal y soit associé", explique-t-il à franceinfo.

Luc Grall met également en avant son absence "d'arrière-pensée vis-à-vis des finalistes". Le fait d'avoir proposé des bulletins blancs au second tour et pas au premier laisse supposer que son candidat préféré n'était plus en lice le dimanche 7 mai. "C'était une démarche personnelle, peut-être inconsciente, le dimanche je suis allé chez moi et j'ai découpé des bulletins blancs." Il affirme d'ailleurs ne faire partie d'aucun parti politique et se définit simplement comme un "militant de la libre pensée".

Les bulletins sont peut-être restés une heure trente maximum. Mais c'est la loi. On n'est pas à l'abri que quelqu'un porte plainte.

Pierre Terpant, maire de Montbel

à franceinfo

"C'était bêtement pour rendre service aux gens"

Autre cas à Vaudreville, dans la Manche. "Il n'y avait aucune démarche militante, raconte la maire de la commune, Geneviève Gilles, qui les a placés. Une personne a réclamé des bulletins blancs lors du premier tour. C'était bêtement pour rendre service aux gens."

La maire de ce village de 79 habitants n'imaginait pas non plus que la démarche pouvait être illégale. "Pourtant, toute la nuit, ça m'a tracassé, je me disais que quelque chose n'était pas normal. La contrôleuse elle-même n'était pas sûre d'elle." Geneviève Gilles tient absolument à faire comprendre que "ce n'était pas pour inciter les gens à voter 'blanc'". D'ailleurs, "il n'y avait qu'un seul bulletin blanc comptabilisé à la fin du dépouillement", raconte-t-elle.

Une situation similaire à celle de La Chapelle-sur-Usson dans le Puy-de-Dôme, où le maire de la ville, Raymond Astier, explique que quelqu'un a pris l'initiative de déposer des bulletins blancs "à la demande de personnes de la communeCe n'est pas moi, mais je suis maire et j'en prends la responsabilité, explique-t-il à franceinfo. Après tout, je me dis 'pourquoi pas'... je me demande si, dans quelques années, ce sera autorisé." Reste cependant à savoir qui a "dénoncé" la présence de ces bulletins blancs. "Un administré a dû appeler la préfecture", présume Raymond Astier, pour qui l'affaire a des allures "de tempête dans un verre d'eau".

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