Présidentielle 2022 : ce que l'on sait de l'irruption musclée de manifestants lors d'une interview de Marine Le Pen en Guadeloupe

La candidate du Rassemblement national répondait à une interview de France 3, samedi, lorsqu'une vingtaine de militants sont entrés dans son hôtel et ont crié "Raciste !", obligeant Marine Le Pen à interrompre l'émission et à quitter les lieux. 

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France Télévisions
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La candidate du Rassemblement national (RN) à la présidence, Marine Le Pen, devant la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), à Paris, le 10 mars 2022. (THOMAS COEX / AFP)

L'heure est désormais aux condamnations, dimanche 27 mars. Alors que la candidate d'extrême droite à l'élection présidentielle Marine Le Pen (RN) a été sérieusement chahutée samedi soir en Guadeloupe, le président de la République Emmanuel Macron s'est dit "choqué" par la scène ce dimanche. Franceinfo revient sur ce qu'il s'est passé.

Une action de militants nationalistes guadeloupéens

En déplacement en Guadeloupe pour 24 heures, la candidate RN à la présidentielle a été la cible de manifestants samedi, alors qu'elle enregistrait un duplex à son hôtel au Gosier pour l'émission de France 3 "Dimanche en politique".

Après dix minutes d'entretien, "des militants de plusieurs organisations nationalistes de Guadeloupe" dont l'Alliance nationale Guadeloupe (ANG) ont investi les lieux, rapportent nos confrères de Guadeloupe 1ère, provoquant l'interruption de l'enregistrement. "Vingt manifestants d'extrême gauche nous ont bousculés assez violemment", a rapporté à l'AFP l'entourage de Marine Le Pen. Son attachée de presse a précisé avoir reçu "un coup dans le dos". Ils ont aussi "arraché le micro" que portait la candidate.

Sur les images, on peut distinguer un agent de sécurité qui protège la candidate d'une personne qui tente de lui donner un coup, tandis qu'elle baisse la tête. Marine Le Pen a ensuite été évacuée du plateau. L'interview pour Guadeloupe 1ère, prévue en direct à 19h30, heures locales, a été annulée. "Il n'y a pas eu véritablement d'affrontements ni de violences mais plutôt de l'intimidation vis-à-vis de Marine Le Pen", a rapporté le journaliste de la Guadeloupe 1ère présent sur place.

Les manifestants, qui scandaient "Le Pen dehors", "Le Pen raciste" selon d'autres images, tournées par BFMTV, ont quitté d’eux-mêmes les lieux, a indiqué à l’AFP la direction de l’hôtel. Une de ces manifestantes, Laurence Maquiaba, de l'Alliance nationale Guadeloupe (ANG), a expliqué à l'AFP avoir voulu "empêcher" que le message de Marine Le Pen ne soit "diffusé à grande écoute". "Les Guadeloupéens, malgré l'accueil savamment orchestré, ne veulent pas de cette personne (...) et d'un parti qui n'a pas changé du tout", a-t-elle ajouté. "Nous trouvons inadmissible que les idées d'extrême droite puissent se balader comme ça, (...) tranquillement sur cette terre qui a été quand même une terre d'esclavage, cette terre qui (...) a été victime des ancêtres idéologiques de Marine Le Pen et de Dupont-Aignan", a expliqué Ronald Selbonne, un autre manifestant de l'ANG.

Une plainte déposée

Marine Le Pen et l'ensemble de son équipe portent plainte, a indiqué ce dimanche matin son entourage à franceinfo"après l'irruption d'une vingtaine de manifestants d'extrême gauche""L'hôtel n'était absolument pas protégé et les forces de l'ordre ont mis plus d'une heure à arriver", déplore un membre de l'équipe de campagne. C'est la première fois que la femme politique se rendait comme candidate à la présidentielle aux Antilles. Son père avait été empêché d'entrer en Martinique en 1987.

Condamnations de la classe politique

Invité de "Dimanche en politique" de France 3 diffusé ce dimanche à la mi-journée, le président sortant Emmanuel Macron s'est dit "choqué" de cette prise à partie et a "condamné" une scène "absolument inacceptable". "Je combats les idées de Mme Le Pen, mais avec respect", a-t-il ajouté.

Interviewé sur BFMTV, le député RN Sébastien Chenu a quant à lui mis en cause le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin qu'il accuse de ne "visiblement pas s'être préoccupé de la sécurité de cet hôtel". L'élu assure que "l'on cherche, quelque part en France, à la faire taire".

Dans un communiqué publié ce dimanche, le pôle Outre-mer de France Télévisions condamne ces événements "qui ont empêché l'interview de se tenir" et regrette "que les conditions d'égalité d'expression des candidats n'aient pu être appliquées conformément aux règles imposées par l'Arcom dans le cadre de la campagne électorale pour la présidentielle".

Une fin de visite chamboulée

Le programme de dimanche de la candidate RN pour son déplacement en Guadeloupe a également été perturbé. La candidate a annulé son passage à la radio RCI dimanche matin, mais devait tenir une conférence de presse à midi (18 heures à Paris). Passée brièvement au marché de Sainte-Anne, la présidente du Rassemblement national a de nouveau été interpellée par des manifestants la traitant une nouvelle fois de "raciste, facho !" selon plusieurs journalistes présents sur place.

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