Nationalisations, fin du nucléaire, "made in France"… Comment Benoît Hamon s'est inspiré du programme de ses alliés

Le candidat socialiste à la présidentielle a présenté son programme officiel, jeudi. De nouvelles mesures ont fait leur apparition. Elles sont largement inspirées des radicaux de gauche, des écologistes et d'anciens concurrents socialistes de Benoît Hamon.

Le candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, présente son programme à Paris, le 16 mars 2017.
Le candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, présente son programme à Paris, le 16 mars 2017. (MAXPPP)
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A gauche toute. A cinq semaines du premier tour de la présidentielle, Benoît Hamon a présenté son programme officiel, jeudi 16 mars. L'essentiel de ses mesures présentées pendant la primaire est là. Mais il y a aussi quelques nouveautés. C'est la conséquence de la main tendue aux radicaux de gauche, aux écologistes, mais aussi à ses anciens adversaires socialistes, notamment Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, aujourd'hui à ses côtés. Franceinfo expose ce qui a changé dans le programme du candidat du PS.

Sur l'économie : le retour du "made in France"

Dans son programme, Benoît Hamon évoque la "possibilité d'une nationalisation temporaire" de certaines entreprises pour "maintenir la compétitivité et les emplois". Une mesure empruntée au programme d'Arnaud Montebourg, qui avait évoqué le cas des hauts-fourneaux de Florange (Moselle). 

De son ancien rival, Benoît Hamon a aussi repris son désormais célèbre "made in France", mais aussi la taxe sur les super-profits des banques.

Autre rapprochement, sur les commandes publiques. Pendant la campagne, l'ancien ministre du Redressement productif plaidait pour en réserver 80% aux PME. Benoît Hamon, lui, fixe un objectif de 50%. 

Enfin, Arnaud Montebourg pourrait réclamer des droits d'auteur à Benoît Hamon, qui lui a "chipé" son slogan de campagne, "Je suis le candidat de la fiche de paye".

Sur le nucléaire : une sortie d'ici 25 ans 

Au chapitre environnement, le rapprochement avec l'ex-candidat écologiste Yannick Jadot est passé par là. Sur le nucléaire, Benoît Hamon rappelle que la France en sortira prochainement. "A l'horizon d'une génération, soit 25 ans, je fermerai les réacteurs en fin de vie." Par ailleurs, "plus un seul véhicule neuf diesel ne sera mis en circulation" d'ici 2025. 

Le candidat socialiste répète vouloir "tourner la page avec des solutions qui ont pu être efficaces par le passé et qui ne le sont plus aujourd'hui".

Sur la famille : des allocations dès le premier enfant

Autre exemple de main tendue à ses anciens adversaires, Benoît Hamon veut "élargir" le droit aux allocations familiales dès le premier enfant (contre le deuxième actuellement) parce que "la prime à la naissance ne suffit pas". Exactement comme Vincent Peillon et Arnaud Montebourg l'avaient déjà proposé. "La poussette, l'aménagement de la chambre, les vêtements, ça coûte cher ! Je suis père et je m'en souviens, raconte le candidat socialiste dans Le Parisien. Et finalement, c'est lorsque vous donnez les affaires du premier enfant au second que tombe l'allocation familiale. C'est incohérent !"

Sur les déserts médicaux : davantage de maisons de santé

Benoît Hamon reprend à son compte une autre proposition d'Arnaud Montebourg pendant la primaire : la création de maisons de santé dans les déserts médicaux, avec des médecins salariés. 

Sur les retraités : une hausse des allocations

"Pour améliorer le pouvoir d'achat de nos aînés, j'augmenterai le minimum vieillesse de 10%, j'augmenterai l'APA (allocation personnalisée d'autonomie) de 30%", promet Benoît Hamon.

Sur le plan sociétal : des détails sur la légalisation du cannabis 

Benoît Hamon a précisé sa volonté de légaliser le cannabis, souhaitée également par les radicaux de gauche et les écologistes. Il s'agira, dit-il, de créer "des points de vente d'Etat" interdits aux mineurs et assortis "éventuellement" de "prescriptions de santé".