François Baroin renonce à 2022 : il a "cette décence de ne pas emmerder les Français avec des ambitions personnelles", juge Aurélien Pradié

Le secrétaire général des Républicains lance un appel au calme. La droite désignera un candidat en son temps pour s'opposer à la Macronie. Et ce ne sera pas Édouard Philippe, "comptable de toutes les erreurs et de toutes les fautes commises par Emmanuel Macron", assure-t-il.

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 (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

François Baroin ne sera pas candidat à l'élection présidentielle de 2022, a appris franceinfo, confirmant une information de L'Opinion et du Figaro. Le maire LR de Troyes l'annonce aux élus de droite qu'il rencontre depuis une semaine. Pour Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains, François Baroin "jouera un rôle capital dans la reconstruction de notre famille politique", déclare-t-il sur franceinfo. Le député LR du Lot s'en prend à Bruno Retailleau, qui réclame une primaire et se dit prêt à être candidat : "À l'âge qu'il a, ce n'est pas bien de s'énerver, de s'exciter comme il le fait".

franceinfo : Vous avez rendez-vous ce soir avec François Baroin. Est-ce que vous espérez encore le faire changer d'avis ?

Aurélien Pradié : Je ne suis pas là pour convaincre François Baroin de faire ce qu'il n'a pas choisi de faire. Je ne sais pas ce qu'il fera, d'ailleurs, je crois qu'il faut qu'il l'annonce publiquement et seule sa parole compte dans ces circonstances. J'ai une fidélité aux idées qui sont portées par François Baroin, l'homme qu'il est.

Je le dis et je redis que François Baroin est un homme de grande équilibre, un homme de grande valeur. Peut-être est il trop équilibré pour avoir cette obsession présidentielle. 

Aurélien Pradié, secrétaire général des Républicains

à franceinfo

C'est un peu une maladie que nous avons dans notre pays. On considère qu'un homme politique n'existe que s'il est obsédé par l'élection présidentielle. Il se trouve que François Baroin a consacré toute sa vie à son pays, qu'il continuera à le faire et que son rôle sera de toute manière capital dans la reconstruction de la droite. Je suis heureux que François Baroin, ait cette décence de ne pas emmerder les Français avec des questions d'ambitions personnelles. Je pense que c'est une manière pour François Baroin de continuer à respecter comme il le fait depuis plusieurs années.

Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR se dit lui prêt à se lancer, il faut une primaire dans votre parti ?

Il faut que chacun garde ses nerfs. Je dis à Bruno Retailleau, qui est plus âgé que moi, qui est un sénateur, moi je suis un député, qu'il faudrait qu'il retrouve le calme et la sérénité d'un sénateur. À l'âge qu'il a, ce n'est pas bien de s'énerver, de s'exciter comme il le fait. Je lui dit très sereinement, la période n'est pas aux ambitions individuelles. Les Français souffrent. Ils attendent de comprendre ce que la droite veut faire de notre pays. Soyons sereins, ne nous excitons pas et si Bruno Retailleau veut être candidat, il pourra l'être, il pourra faire sa campagne, ce sont les Français qui trancheront et les militants avant.

Sur la question de la primaire, j'ai dit et je redis que j'y suis tout à fait hostile. J'ai 34 ans, j'appartiens à une génération qui a vu le spectacle de la primaire, qui nous a amenée au gouffre de l'élection présidentielle.

Aurélien Pradié

Nous avons perdu la présidentielle notamment du fait de la primaire parce que c'est une manière de rétrécir les choses. La droite à laquelle je crois, ce n'est pas la droite qui excite les uns et les autres, ce n'est pas la droite qui se parle entre elle, c'est la droite qui convainc les Français.

Emmanuel Macron peut-il être votre candidat en 2022 ?

Évidemment que non. Cela fait des années, depuis trois ans que je suis député, je combats le projet politique d'Emmanuel Macron. La droite républicaine aura un candidat qui représentera ses idées, qui ne seront ni les idées d'Emmanuel Macron ni les idées du Rassemblement National. C'est ce que nous sommes en train de faire. Pour ce qui est de la primaire, je veux insister sur ce point, nous consulterons les adhérents de toute manière pour leur demander de trancher. Et vous savez, les adhérents des républicains en ont soupé de la primaire. Ils ont gardé un très mauvais souvenir. Je sais que les adhérents ne veulent pas des primaires. Le candidat que nous aurons sera le bon candidat des mois à venir, ce n'est pas à aujourd'hui de le décider. Gardons notre calme. Construisons un projet. Retrouvons la confiance avec les Français et que chacun soit tranquille pendant quelques mois, la droite républicaine aura un candidat.

Est-ce que ça pourrait être Édouard Philippe, ce candidat qui a quitté votre famille politique et l'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron ?

Mais quelle drôle d'idée! Édouard Philippe a été le serviteur docile de la politique d'Emmanuel Macron. Les Républicains, nous combattons la vision injuste de la société portée par Emmanuel Macron.

Si nous ne choisissons pas Emmanuel Macron, ce n'est pas pour choisir son serviteur docile. Il y a une espèce de bulle tout à fait illusoire autour d'Édouard Philippe. Édouard Philippe et Emmanuel Macron, c'est du pareil au même, c'est la même chose.

Aurélien Pradié

Et donc, Édouard Philippe appartient à la macronie, appartient au projet de société porté par Emmanuel Macron, il est comptable de toutes les erreurs et de toutes les fautes commises par Emmanuel Macron. Et demain, il ne peut qu'être à nouveau le serviteur d'Emmanuel Macron, mais certainement pas le candidat de la droite républicaine.

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