"On a beaucoup misé sur lui" : pour les Allemands, Emmanuel Macron a dissous l'Assemblée sous le coup de la "panique"

"Coup de poker", "séisme politique"… Les Allemands n’ont pas caché leur stupeur après l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale française par le chef de l'Etat. Dans un pays marqué par la culture du compromis et le dialogue "vaille que vaille", ce choix politique inquiète.
Article rédigé par Sébastien Baer
Radio France
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Temps de lecture : 1 min
Emmanuel Macron, le 18 juin 2024. (LUDOVIC MARIN / POOL)

Au lendemain de la dissolution de l’Assemblée, la presse allemande s’interrogeait : quelle mouche a donc piqué Emmanuel Macron ? Le président français a-t-il perdu son sang-froid ? Pour la députée conservatrice Inge Grässle, le pari est risqué. "Je ne pense pas que cette dissolution était la bonne solution, déclare-t-elle. C’était une espèce de panique".

"Il a déclenché une avalanche qu’on ne peut plus arrêter."

Inge Grässle, députée conservatrice

à franceinfo

Une avalanche qui pourrait ouvrir la voie au Rassemblement national et un "scénario catastrophe", explique Klaus-Peter Sick, du centre de recherches en sciences sociales Marc Bloch de Berlin. "L’épouvantail pour les Allemands, c’est Trump aux États-Unis et Marine Le Pen présidente avec un gouvernement d’extrême droite en France. Ça crée une sorte de quasi-panique devant cette idée où l’Allemagne paraît défendre en Europe, seule, les idées républicaines : liberté, fraternité, égalité. C’est quand même une évolution incroyable".

Sabine von Oppeln, politologue spécialiste des relations franco-allemandes, s’inquiète pour le futur de l’Union européenne. "On a beaucoup misé sur Macron, présente-t-elle. Macron, c’est celui qui fait avancer l’Europe. Nous avons absolument besoin d'une coopération franco-allemande efficace pour résoudre les nombreux problèmes qui se posent au sein de l’Union européenne. Sans l’Allemagne et la France, ça ne fonctionne pas".

Mais les Allemands louent aussi l’audace d’Emmanuel Macron, à mille lieues du chancelier Olaf Scholz, chef d’une coalition déchirée et jugé trop passif.

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