Primaire de la gauche : Montebourg arrive en troisième position et appelle à voter pour Hamon au second tour

L'ancien ministre de François Hollande a obtenu dimanche 22 janvier 17,62% des voix, selon des résultats partiels sur un peu plus d'un million de votants, lors du premier tour de la primaire de la gauche. Arnaud Montebourg est donc disqualifié, une surprise. 

Arnaud Montebourg, le 20 janvier 2017, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 
Arnaud Montebourg, le 20 janvier 2017, à Marseille (Bouches-du-Rhône).  (CITIZENSIDE/GERARD BOTTINO / AFP)

Lors de la primaire du Parti socialiste en 2011, il avait créé la suprise en obtenant 17,62% des voix. Cette fois, Arnaud Montebourg pourrait bien créer la surprise mais dans le sens inverse. A l'issue du premier tour de la primaire de la gauche, l'ancien ministre de l'Economie obtient 17,62% des suffrages, selon les résultats partiels de dimanche à 23 heures, après le dépouillement d'un peu plus d'un million de bulletins. Il se voit disqualifié du premier tour, derrière Manuel Valls (31,19% des voix) et Benoît Hamon (36,21%). Il appelle à voter pour ce dernier au second tour. Une claque électorale pour celui que les sondages donnaient en duel face à l'ancien Premier ministre. 

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Quel score obtient-il ? 

17,62%. C'est le score obtenu par Arnaud Montebourg, selon les résultats partiels révélés par la Haute Autorité des primaires citoyennes à 23 heures, portant sur 1 162 623 votants. 

Une grosse déception pour l'ancien ministre du Redressement productif, chantre du "made in France", hostile à l'austérité et pourfendeur des "diktats de Bruxelles", qui avait pourtant toujours été bien placé dans les sondages. 

"C'est une campagne à l'aveugle. Même Manuel Valls n'est plus sûr de passer ! Je n'arrive à rien lire de clair", avouait en début de semaine Arnaud Montebourg. Une phrase visiblement prémonitoire. 

Comment analyser ce résultat ? 

Celui qui espérait emporter la mise grâce à un programme "pour la société du travail", en rupture avec les années Hollande, a perdu son pari. Candidat depuis le 16 août, Arnaud Montebourg a donc été soufflé par la dynamique Hamon et n'a pas réussi à rattraper Manuel Valls. Alors qu'il se rêvait en représentant de la vraie gauche face à l'ancien Premier ministre, Arnaud Montebourg s'est fait dépasser par Benoît Hamon, qu'il n'a longtemps pas pris au sérieux. A Libération, son entourage expliquait, grâce aux premiers bons sondages, pouvoir "tuer le match" avec Benoît Hamon. C'est donc raté. 

Autre explication de ce revers électoral : Arnaud Montebourg n'a pas véritablement imprimé lors des différents débats télévisés. Celui qui s'est fait connaître pour son ton sans langue de bois avait un peu perdu de sa légendaire verve. 

Que va-t-il faire pour le second tour ?

"Dimanche prochain, je voterai pour Benoît Hamon et j'appelle ceux qui m'ont fait confiance à faire de même. (...) Je lui souhaite bonne chance et l'assure de mon soutien", a déclaré Arnaud Montebourg dès les premiers résultats connus. "C'est un grand honneur et une grande fierté de savoir qu'il sera à mes côtés pour ce second tour", lui a répondu le candidat arrivé en tête

Proches sur le plan des idées, les deux anciens ministres s'accordent sur de nombreux points comme les réformes institutionnelles, l'abrogation de la loi Travail ou le refus des traités Ceta et Tafta. Face à Manuel Valls, les ex-alliés au gouvernement avaient aussi tout deux prôné une rupture avec la politique social-démocrate menée depuis cinq ans. Arnaud Montebourg et Benoît Hamon s'étaient en outre souvent ligués contre l'ex-chef du gouvernement lors des trois débats organisés entre les sept candidats.